L’Afrique du Sud et Israël ont plongé dans une confrontation diplomatique sans précédent. Les deux gouvernements ont annoncé l’expulsion mutuelle de leurs principaux émissaires, une escalade rapide liée à la procédure pour « génocide » en cours devant la Cour internationale de justice (CIJ).
Ce week-end, Prétoria a déclaré le chargé d’affaires israélien, Ariel Seidman, persona non grata, lui intimant l’ordre de quitter le territoire sous 72 heures.
Le ministère sud-africain des Relations internationales et de la Coopération (DIRCO) accuse M. Seidman de « violations inacceptables des normes diplomatiques ». Il lui est notamment reproché d’avoir utilisé les canaux officiels israéliens pour attaquer le président Cyril Ramaphosa et d’avoir omis de notifier Prétoria de la visite de hauts responsables israéliens.
Une « atteinte à la souveraineté »
Selon le DIRCO, ces agissements constituent une violation de la Convention de Vienne et un défi direct à la souveraineté de l’Afrique du Sud.
La riposte de Tel-Aviv ne s’est pas fait attendre. Quelques heures plus tard, Israël a annoncé l’expulsion de l’émissaire sud-africain en Palestine, Shaun Edward Byneveldt, lui accordant le même délai de 72 heures pour plier bagage. Le ministère israélien des Affaires étrangères a précisé que des « mesures supplémentaires » étaient actuellement à l’étude.
Cette rupture diplomatique s’inscrit dans le sillage de la plainte déposée par l’Afrique du Sud devant la CIJ, accusant Israël de commettre un génocide à Gaza — une accusation fermement rejetée par l’État hébreu.
Prétoria avait déjà rappelé son ambassadeur à Tel-Aviv en novembre 2023, peu après le début du conflit, avant de saisir la CIJ le mois suivant. Alors que les deux pays ne communiquaient plus que par l’intermédiaire de chargés d’affaires, ces expulsions croisées portent les relations bilatérales à leur point le plus critique depuis des décennies.
JN/lb/Sf/APA







