Le président égyptien Abdel Fattah Al-Sissi a multiplié les initiatives diplomatiques et économiques lors du Sommet Afrique-France organisé à Nairobi les 11 et 12 mai, dans une tentative du Caire de consolider son positionnement au sein des grands équilibres africains autour du financement, des infrastructures et de la gouvernance économique.
Au cours des échanges lors du Sommet France-Afrique, à Nairobi les 11 et 12 mai 2026, le président Al-Sissi a défendu les positions égyptiennes sur plusieurs dossiers africains et internationaux, tout en multipliant les réunions bilatérales avec des dirigeants africains et des responsables d’organisations internationales. Selon Ramadan Qarani, expert des affaires africaines cité dans le document, cette rencontre intervient dans un contexte où plusieurs puissances cherchent à redéfinir leurs relations avec le continent africain.
Réunie sous le slogan «L’Afrique en avant», la rencontre « Africa Forward » de Nairobi a rassemblé plusieurs chefs d’État africains, le président français Emmanuel Macron, le secrétaire général des Nations Unies António Guterres, ainsi que des représentants d’institutions financières internationales et de grands groupes économiques.
Le sommet s’est tenu dans un environnement marqué par les tensions économiques mondiales, les mutations énergétiques et les débats autour de la réforme du système financier international. Les discussions ont également été influencées par les répercussions des crises géopolitiques régionales, notamment sur les questions de sécurité alimentaire, d’énergie et de chaînes d’approvisionnement.
Les débats ont principalement porté sur la croissance inclusive, les infrastructures, la transformation numérique, l’intelligence artificielle, les énergies renouvelables ainsi que les mécanismes de financement du développement. L’orientation essentiellement économique et technique du sommet traduit, selon les analystes cités, une priorité désormais accordée aux investissements et aux partenariats économiques dans les relations Afrique-partenaires internationaux.
En marge du sommet, l’ambassadeur d’Égypte à Nairobi, Hatem Yousri, a qualifié les relations égypto-kényanes de «modèle solide de partenariats africains intégrés». Il a précisé que plus de 45 délégations égyptiennes se sont rendues au Kenya depuis septembre 2025 et que les échanges commerciaux entre les deux pays ont atteint environ 565 millions de dollars en 2025.
Le Kenya occupe une place stratégique dans l’approche africaine du Caire, notamment grâce à son rôle de porte d’entrée vers les marchés d’Afrique de l’Est et d’Afrique centrale via la ligne maritime Suez-Mombasa. Les entreprises égyptiennes renforcent parallèlement leur présence dans les secteurs de la santé, des infrastructures, de l’énergie et de l’industrie pharmaceutique.
La réforme du système financier international a également constitué l’un des principaux axes défendus par Le Caire. L’Égypte plaide depuis plusieurs années pour une représentation plus importante des pays africains au sein des institutions financières internationales, dans un contexte marqué par les difficultés d’accès au financement et les problématiques liées à la dette souveraine.
Selon Salah Halima, vice-président du Conseil égyptien pour les affaires africaines, le sommet de Nairobi traduit également une évolution de l’approche française envers l’Afrique, désormais davantage orientée vers des partenariats stratégiques et des intérêts mutuels. Le choix du Kenya pour accueillir cette édition illustre, selon lui, une volonté d’élargir le dialogue au-delà du seul espace francophone.
AK/Sf/APA
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