C’est une semaine décisive pour l’avenir économique de l’Afrique de l’Ouest. Du 28 avril au 1er mai 2026, Abidjan accueille cinq réunions thématiques de haut niveau. L’objectif du projet de marché commun est clair : bâtir une plateforme cohérente pour fluidifier les échanges, protéger les citoyens et attirer les investisseurs.
Organisés par la Commission de la Cédéao, en collaboration avec l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), les réunions thématiques qui se tiennent à Abidjan, du 28 avril au 1er mai, visent à transformer la vision d’un marché commun en une réalité tangible pour les 400 millions de ressortissants de l’espace communautaire.
Au cœur des échanges, la promotion des investissements occupe une place de choix. Selon Peter Oluonye, directeur par intérim chargé du secteur privé, il s’agit de faire le bilan des cinq dernières années pour lever les barrières résiduelles.
« L’objectif est d’éliminer les obstacles et de créer un environnement propice à l’investissement », a-t-il précisé face à la presse ce lundi 27 avril 2026, à Abidjan, ajoutant qu’ « il s’agit aussi de renforcer les capacités des Etats membres afin que le marché commun soit de plus en plus renforcé ».
Parallèlement, la protection des citoyens est érigée en priorité. Siméon Koffi, directeur exécutif de l’Autorité régionale de la concurrence (ARCC), a souligné l’urgence de mettre en œuvre les directives de 2023.
L’enjeu est de taille : instaurer une législation communautaire contre les produits de mauvaise qualité et permettre aux consommateurs de saisir les autorités nationales ou régionales en cas d’abus transfrontaliers.
Un volet majeur de ce sommet concerne le commerce alimentaire, l’agriculture. En partenariat avec l’OCDE, la CEDEAO souhaite mieux encadrer les flux de marchandises.
Alban Mas Aparisi, représentant du Club du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest au sein de l’OCDE, a rappelé des chiffres saisissants : si le commerce alimentaire intra-régional pèse en moyenne 10 milliards de dollars et nourrit 80 millions de personnes, 85 % de ces échanges ne sont pas enregistrés.
« Ce commerce reste largement invisible aux yeux des statistiques publiques », a déploré Alban Mas Aparisi, pour qui l’enjeu de ces assises sera donc de formaliser ces flux pour renforcer la sécurité alimentaire régionale.
La question du développement durable s’invite également à la table des ministres. Bernard Yao Koffi, directeur de l’environnement, a tiré la sonnette d’alarme sur la pollution plastique : moins de 16 % des déchets sont recyclés dans la région, le reste finissant majoritairement dans les cours d’eau et les mers.
Les ministres chargés de l’Immigration et de la gestion des frontières se pencheront sur la libre circulation des personnes. Pour Albert Siaw-Boateng, directeur chargé de la Libre circulation des personnes, de la migration et tourisme à la Commission de la Cédéao, ces efforts s’inscrivent directement dans la Vision 2050 de l’organisation et l’Agenda 2063 de l’Union africaine.
La Commission de la Cédéao, par l’intermédiaire des directions relevant du Département des affaires économiques et de l’agriculture, continue de mettre en œuvre une série d’interventions stratégiques visant à approfondir l’intégration régionale et à renforcer le marché commun de l’organisation.
Les réflexions devraient permettre de soumettre des feuilles de route aux dirigeants afin de promouvoir l’investissement, améliorer la sécurité alimentaire et nutritionnelle, faciliter la circulation en toute sécurité des personnes et des marchandises, et soutenir la durabilité environnementale dans l’ensemble des États membres.
Selon l’agenda de ce sommet, il est prévu une réunion du Comité technique du marché commun d’investissement de la CEDEAO (ECIM) du 27 au 30 avril 2026, un atelier d’examen technique et d’harmonisation du manuel des règlements et procédures en matière de protection des consommateurs, du 27 avril au 1er mai 2026.
Les experts réfléchiront également sur la construction d’un marché commun de la CEDEAO, du 28 au 29 avril 2026, en vue de renforcer le commerce alimentaire inter-régional en Afrique de l’Ouest, des réunions techniques et ministérielles sur la gestion des matières plastiques du 28 au 30 avril 2026.
La Commission de la Cedeao annonce des réunions des ministres chargés de l’Immigration et de la gestion des frontières, le 29 avril 2026. L’OIM, un partenaire de l’organisation régionale, assure apporter son soutien pour des « migrations bien sécurisées » .
Pendant quatre jours, Abidjan devient le cœur battant du marché commun de la Cédéao. Experts et décideurs tenteront de transformer ces défis en opportunités pour faire de l’Afrique de l’Ouest un bloc économique intégré, résilient et durable.
AP/Sf/APA







