Une initiative pour la paix, mise en avant par l’ambassade des Pays-Bas en Côte d’Ivoire, procède du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), et mise sur la jeunesse comme moteur de stabilité et de cohésion sociale.
A l’heure de la capitalisation, l’action mise en train par le PNUD lors du scrutin présidentiel du 25 octobre 2025 en Côte d’Ivoire, et soutenue par l’Ambassade des Pays-Bas, montre que le rôle des jeunes champions de la paix demeure essentiel pour maintenir la cohésion locale, renforcer la confiance entre communautés et prévenir les tensions post-électorales.
La période des élections est souvent marquée par des tensions. Dans ce contexte, une équipe de « Jeunes champions de la Paix » a sillonné 15 localités du pays à l’approche du scrutin présidentiel du 25 octobre pour apaiser les esprits et encourager une participation citoyenne responsable.
Le PNUD, avec l’appui de l’ambassade des Pays-Bas, a organisé une caravane de dialogues communautaires dans 15 localités d’intérêt du pays : Yamoussoukro, Sakassou, Botro, Béoumi, Brobo, Daoukro, Ferkessédougou, Agboville, Bingerville, Bonoua, Abobo, Yopougon, Gagnoa, M’Batto et Man.
De nombreuses émissions radio produites dans chaque localité ont renforcé l’impact auprès des populations. Cette mobilisation des jeunes pour prévenir les conflits électoraux a permis aux populations de comprendre qu’il faut agir dans l’antre de la loi dans un Etat de droit.

Capitalisation des acquis
Forte du succès de ces activités, un atelier national de capitalisation s’est tenu le 7 novembre 2025 pour partager les bonnes pratiques observées et tirer les enseignements de cette initiative, en prévision notamment des prochaines élections législatives.
Présente à la cérémonie, Blerta Cela, représentante résidente du PNUD, s’est dite fière de cette initiative qui a révélé « l’engagement exemplaire de ces jeunes qui, par le dialogue, contribuent à réduire les risques de tensions avant et après le scrutin ».
De son côté, Jeroen Kelderhuis, ambassadeur du Royaume des Pays-Bas, partenaire financier du projet, a rappelé que son pays accorde une grande importance à la stabilité politique de la Côte d’Ivoire, première puissance économique de l’Uemoa.
« Les Pays-Bas sont l’un des premiers partenaires commerciaux de la Côte d’Ivoire, notamment dans le secteur du cacao. Mais sans paix ni stabilité, aucun commerce n’est possible. C’est pourquoi nous soutenons les jeunes à devenir des acteurs de paix », a-t-il déclaré.
Cette initiative démontre que lorsque les jeunes disposent de compétences, d’espaces et de reconnaissance, ils deviennent des acteurs incontournables de la prévention des violences électorales, a commenté Jeroen Kelderhuis.
Georgette Kouassi, directrice du Civisme et de l’engagement Citoyen des Jeunes, a exprimé l’engagement du ministère de la Promotion de la jeunesse, du service civique et de l’insertion professionnelle dans ce projet et adressé un message direct à la jeunesse.
« En tant que jeunes, votre place est au cœur de la paix, de la participation citoyenne et du vivre-ensemble. Vous êtes l’avenir de notre nation, et c’est par votre engagement que nous bâtirons une Côte d’Ivoire plus unie et plus forte », a-t-elle lancé.

Leadership démocratique
Ces jeunes, issus de différentes régions et formés au leadership démocratique, à la médiation et à la communication responsable, avaient pour mission de sensibiliser leurs pairs afin de prévenir les tensions électorales, encourager un climat apaisé et favoriser une bonne utilisation des réseaux sociaux.
Les discussions ont porté sur la protection des biens publics, la tolérance politique, la lutte contre la désinformation, et l’importance de participer de manière apaisée à la vie publique, avant, pendant et après le scrutin.
Sur le terrain, les témoignages traduisent l’impact de l’initiative. À Mamini (Brobo), des jeunes participants ont confié que « cette élection s’est passée dans une atmosphère beaucoup plus calme parce que nous avons appris à nous parler avant de nous opposer. »
Un leader de jeunesse de parti politique à Bonoua (Sud-Est) ajoute : « Nous sommes de partis politiques différents, mais des frères et sœurs de la même ville après tout. Vous avez constaté qu’il y a eu moins de violences que les années précédentes… »
Partout, la même observation : une plus grande disponibilité des jeunes à dialoguer, à écouter, et à apaiser leur environnement en période sensible. Les autorités administratives, coutumières et communautaires ont salué l’engagement de la jeunesse et la pertinence du dispositif.
Les élections législatives sont prévues le 27 décembre 2025. Plus de 1.140 dossiers de candidatures ont été validés par la Commission électorale indépendante (CEI) pour 255 postes de députés à pouvoir.
AP/Sf/APA







