Abidjan a accueilli du 18 au 23 mai 2026 la 45e Réunion de la Commission technique et la 31e Réunion du Comité ministériel du Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest (GIABA). Cette session marque un tournant stratégique majeur avec le retour des pays de l’AES et la transition à la direction de l’organisation. Alors que la Gambie hérite de la Direction générale.
La 31e Réunion du Comité ministériel du GIABA marque la fin de mandat d’Edwin Harris Junior, le directeur général du GIABA, en poste depuis août 2022. Il quittera ses fonctions le 30 juillet 2026. Son leadership a permis une restructuration profonde de l’institution.
Sous sa direction depuis août 2022, l’institution a opéré une restructuration profonde. Le GIABA a notamment quitté le programme d’efficacité du Groupe d’action financière (GAFI) pour obtenir sa pleine reconnaissance. C’est la Gambie qui succédera à la tête de l’institution pour poursuivre cette dynamique.
Le directeur général sortant du GIABA a officialisé le retour du Burkina Faso, du Mali et du Niger. Leurs requêtes d’adhésion avaient été approuvées en décembre 2025 par la CEDEAO. Ce retour est effectif depuis février 2026. Les trois États de l’Alliance des États du Sahel (AES) se sont acquittés de leurs cotisations.
Concernant le retour du Burkina Faso, du Mali et du Niger au sein du GIABA, Edwin Harris a soutenu que « nous devons redoubler d’efforts, aligner nos politiques et renforcer les dispositifs nationaux de Lutte contre le Blanchiment de Capitaux et le Financement du Terrorisme (LBC/FT) ».
Fathma Diarré, représentante de la Cédéao en Côte d’Ivoire, a rappelé la nécessité absolue de cette cohésion face aux faiblesses du deuxième cycle d’évaluations mutuelles. Elle a exhorté les ministres de tutelle à « corriger les lacunes stratégiques » de leurs dispositifs nationaux de LBC/FT.
« Notre région doit rester unie afin de relever efficacement les défis actuels et émergents. C’est dans cette optique que la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de la Cedeao, a approuvé en décembre 2025 les requêtes d’adhésion du Burkina Faso, du Niger et du Mali au GIABA », a-t-elle fait savoir.
La Côte d’Ivoire reste le seul pays de la région encore sous surveillance renforcée. Le gouvernement ivoirien multiplie les réformes pour finaliser son plan d’action. Le dossier de la Côte d’Ivoire sera transmis en juin 2026, puis examiné en août 2026.
Le Premier ministre ivoirien, Robert Beugré Mambé, a salué ce samedi 23 mai 2026, à Abidjan, la qualité des réflexions issues de ces travaux ainsi que l’engagement constant des experts et des institutions mobilisés pour la sécurité financière de l’espace communautaire.
Le contexte international actuel est marqué par des tensions sécuritaires, une instabilité économique persistante, l’évolution rapide des technologies et la sophistication croissante de la criminalité transnationale organisée.
Dans cet environnement, le blanchiment des capitaux, le financement du terrorisme et celui de la prolifération des armes de destruction massive constituent des menaces majeures pour la stabilité des États et la crédibilité des systèmes financiers, a-t-il déclaré.
« Face à ces enjeux, aucun État ne peut agir efficacement de manière isolée. La coopération régionale s’impose donc », a soutenu le Premier ministre ivoirien, Robert Beugré Mambé, à la clôture de la 45e Réunion de la Commission technique et la 31e Réunion du Comité ministériel du GIABA,
De son côté, Adama Coulibaly, le ministre ivoirien de l’Économie, des finances et du Budget, a souligné que « le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme, la corruption, la fraude et, plus largement, les trafics illicites constituent des menaces majeures de nos économies, nos systèmes financiers et la stabilité de nos États ».
« À l’instar des autres États membres de la CEDEAO, la Côte d’Ivoire est déterminée à mener une lutte acharnée contre la criminalité financière sous toutes ses formes. Dans cette optique, le gouvernement a impulsé d’importantes réformes visant à renforcer durablement le dispositif national de Lutte contre le Blanchiment de Capitaux et le Financement du Terrorisme (LBC/FT) », a-t-il dit.
AP/APA






