Face à l’afflux massif de réfugiés fuyant la guerre au Soudan, le Haut-Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) et le gouvernement tchadien ont lancé un appel conjoint à la communauté internationale pour un soutien accru et durable.
En visite officielle au Tchad du 13 au 16 janvier, le Haut-Commissaire du HCR, Barham Salih, a salué la politique d’asile du pays, qui maintient ses frontières ouvertes malgré des capacités limitées. Reçu par le président Mahamat Idriss Déby Itno ainsi que par plusieurs membres du gouvernement, il a réaffirmé l’engagement de l’ONU à accompagner les autorités tchadiennes dans la protection des réfugiés et l’appui aux communautés hôtes
Depuis avril 2023, plus de 900 000 réfugiés soudanais ont trouvé refuge au Tchad, principalement dans les provinces du Wadi Fira et du Ouaddaï. Dans l’est du pays, où une personne sur trois est aujourd’hui réfugiée, la pression sur les services essentiels est considérable. L’accès à l’eau, aux abris, aux soins de santé, à l’éducation et au soutien psychosocial reste fortement compromis en raison d’un manque chronique de financements
Lors des visites à Adré, Farchana, Iriba et Abéché, la délégation onusienne et gouvernementale a rencontré des familles récemment arrivées, souvent exposées à des violences extrêmes et à des déplacements répétés. « La solidarité du Tchad sauve des vies, mais elle ne peut être maintenue sans un engagement international fort, prévisible et constant », a déclaré Barham Salih dans un communiqué publié ce 19 janvier 2026 par le HCR.
Malgré les difficultés, des initiatives inclusives commencent à produire des résultats, notamment l’intégration de réfugiés qualifiés – enseignants, médecins ou juristes – dans les services nationaux, ainsi que le développement de centres d’apprentissage et de formation professionnelle, contribuant à renforcer la cohésion sociale.
Avec plus de 1,5 million de réfugiés et demandeurs d’asile sur son territoire, le Tchad assume l’une des charges d’accueil les plus lourdes du continent africain. Un effort salué par l’ONU, qui estime toutefois que cette responsabilité ne peut reposer durablement sur un seul pays. L’appel lancé vise désormais à transformer la solidarité affichée en actions concrètes de la part des partenaires internationaux.
CA/Sf/APA







