Face à une situation humanitaire de plus en plus dramatique, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a tiré la sonnette d’alarme ce mercredi concernant la dégradation rapide de la situation à El Fasher, capitale du Darfour du Nord, en proie à une intensification des violences.
Malgré l’insécurité généralisée et un manque criant de financements, les Nations unies et leurs partenaires redoublent d’efforts pour renforcer l’aide d’urgence dans la région de Tawila, où se sont réfugiées la majorité des personnes fuyant le camp de Zamzam.
Les Forces de soutien rapide (FSR) ont multiplié les attaques meurtrières ces derniers jours dans l’ouest du Soudan, notamment à El Fasher. Ces violences interviennent peu après une offensive sanglante contre les camps de déplacés de Zamzam et Abou Shouk, qui aurait coûté la vie à des centaines de civils, parmi lesquels figuraient des travailleurs humanitaires.
Depuis la perte de Khartoum, récemment reprise par les forces gouvernementales du général Abdel Fattah al-Burhane, les FSR cherchent à consolider leur contrôle sur le Darfour du Nord. El Fasher, toujours aux mains de l’armée soudanaise, est désormais sous siège, soumis à des assauts répétés.
Un exode massif de civils
Selon les estimations, plus de 400 000 personnes ont fui le seul camp de Zamzam depuis début mai. La région, déjà durement frappée par la famine depuis l’été dernier, est aujourd’hui à bout de souffle.
António Guterres s’est déclaré profondément préoccupé par les témoignages faisant état de harcèlements, d’intimidations et d’arrestations arbitraires de personnes déplacées à divers points de contrôle.
Il a souligné l’ampleur des besoins humanitaires, qualifiant la situation de « colossale ». Des rapports font état de femmes et d’enfants désespérés tentant de rejoindre le Tchad voisin pour échapper aux violences.
Les violences s’étendent au-delà du Darfour
La crise ne se limite pas au Darfour. D’autres régions du pays, notamment Omdurman dans l’État de Khartoum, continuent de subir des exactions contre les civils. Des massacres y ont été signalés récemment.
Le chef de l’ONU a renouvelé son appel à garantir un accès humanitaire sûr et sans entrave dans toutes les zones touchées, et a exhorté les belligérants à respecter le droit international humanitaire et à protéger les populations civiles. Il a également insisté sur la nécessité de traduire en justice les auteurs de violations graves.
Alors que la guerre civile au Soudan entre dans sa troisième année, António Guterres a réclamé un cessez-le-feu immédiat et exhorté la communauté internationale à agir sans délai pour mettre fin aux souffrances et à la dévastation croissante dans cette région du nord-est africain.
TE/APA






