Des propos jugés incendiaires du roi zoulou Misuzulu kaZwelithini ont ravivé les inquiétudes autour du climat migratoire déjà tendu en Afrique du Sud. En appelant ouvertement les ressortissants étrangers à quitter le pays, le souverain traditionnel a suscité de vives réactions et ravivé le spectre de violences xénophobes.
Le roi zoulou d’Afrique du Sud, Misuzulu kaZwelithini, a ravivé les inquiétudes concernant le climat migratoire déjà explosif du pays après avoir utilisé un terme péjoratif pour désigner les ressortissants étrangers et insisté sur le fait qu’ils devaient quitter le territoire.
Ses propos, tenus lors d’un discours très médiatisé dans la province du KwaZulu-Natal, ont fait craindre une nouvelle vague de violence xénophobe en Afrique du Sud.
S’exprimant à Isandlwana, site historique de la victoire zouloue de 1879 sur les forces britanniques, le roi a déclaré à ses partisans que tous les « kwerekwere » — une insulte visant les migrants noirs africains — devaient « faire leurs valises », même s’ils avaient des conjoints ou des enfants sud-africains.
« Nous allons parler aux “kwerekwere” et leur dire de partir. Il n’y a personne qui n’ait un foyer où rentrer », a-t-il affirmé.
L’Afrique du Sud accueille plus de deux millions de migrants, dont beaucoup viennent de pays voisins comme le Lesotho, le Mozambique et le Zimbabwe. Les tensions liées à l’emploi et à l’accès aux services publics ont alimenté des flambées périodiques de violence xénophobe, marquées par des attaques meurtrières en 2008, 2015 et 2019.
Des critiques ont également souligné l’ironie de la position du souverain, sa mère et l’une de ses épouses étant originaires d’Eswatini.
Autre paradoxe souvent relevé : la xénophobie sud-africaine ne vise que rarement les migrants blancs, qu’ils viennent des pays voisins ou d’ailleurs.
Ces déclarations ont ainsi amplifié les craintes que des discours incendiaires émanant de figures influentes ne ravivent des violences au sein de communautés déjà fragilisées par les difficultés économiques et sociales.
JN/fss/ac/Sf/APA







