Le gouvernement malien a renouvelé, mercredi 2 septembre, quatre permis de recherche d’or dans les régions de Bougouni, Sikasso, Koulikoro et Kayes, portant à quatorze le nombre de titres miniers renouvelés depuis le 21 août, après plus de deux années de gel administratif.
Le premier renouvellement concerne le permis d’Ourounia, dans le cercle de Bougouni, accordé à Hongda Liujiu SARL. Initialement attribué à Yiyuan Mines SARL, le titre avait été cédé à la nouvelle société en 2021.
A.NA.DI.S SARL a obtenu la prolongation de son permis sur le périmètre de Dézébéla, dans le cercle de Sikasso. Deux autres autorisations ont été accordées à L’Horizon SARL pour les périmètres de Faladiè-Nord, dans le cercle de Kangaba, et de Liberta-Sud, dans celui de Kéniéba.
Attribués entre 2019 et 2022, ces quatre permis avaient été affectés par la suspension du traitement des demandes de renouvellement. Selon le gouvernement, les travaux déjà réalisés ont fait apparaître « plusieurs anomalies » géologiques nécessitant la poursuite des recherches.
Les sociétés bénéficiaires disposent de trois années supplémentaires pour approfondir leurs investigations. Ces permis pourront faire l’objet d’un dernier renouvellement pour une durée équivalente, conformément à la réglementation minière.
Cette décision intervient après celle du 21 août, lorsque le Conseil des ministres avait approuvé le renouvellement de dix autres permis détenus par six sociétés. Huit concernaient la recherche d’or et deux celle du lithium.
Les permis aurifères étaient notamment détenus par Lili SARL, L’Horizon SARL, Faya Mining SARL et Cora Resources Mali SARL, sur des périmètres situés dans les cercles de Kangaba, Kadiolo, Kéniéba et Bougouni. Tropical Gold du Mali avait, pour sa part, obtenu un deuxième renouvellement pour le périmètre de Kangaré, dans le cercle de Yanfolila.
Les deux permis de lithium, situés à Faraba et Gouna, dans le sud du pays, ont été renouvelés au profit d’Intermin Lithium SARL, filiale du groupe australien First Lithium. Les deux périmètres couvrent une superficie cumulée de 175 kilomètres carrés.
Au total, quatorze permis détenus par huit sociétés ont donc été renouvelés depuis le 21 août, dont douze pour la recherche d’or et deux pour celle du lithium.
Une reprise progressive après le gel des titres
Le Mali avait suspendu, le 28 novembre 2022, le traitement des demandes d’attribution, de renouvellement et de cession de titres miniers afin de procéder à l’assainissement de son cadastre minier.
La mesure a été partiellement levée le 15 mars 2025. L’administration a alors repris l’examen des demandes de renouvellement, de passage de la recherche à l’exploitation ainsi que de certaines cessions. L’octroi général de nouveaux permis de recherche n’a toutefois pas été totalement rétabli.
La reprise demeure sélective. En octobre 2025, les autorités avaient annulé plus de 90 permis d’exploration portant notamment sur l’or, le fer, la bauxite, l’uranium et les terres rares, invoquant le non-respect des obligations réglementaires.
Certains des titres renouvelés présentent déjà un niveau d’avancement important. Le permis Sanankoro II, détenu par Cora Resources Mali et couvrant 84,11 kilomètres carrés, doit notamment être intégré au périmètre d’exploitation envisagé pour le projet aurifère de Sanankoro.
La société britannique Cora Gold avait présenté ce renouvellement comme « une étape importante vers l’obtention d’un permis d’exploitation ». La décision actuelle autorise toutefois uniquement la poursuite des travaux de recherche. Une autorisation distincte reste nécessaire avant toute construction ou extraction commerciale.
La relance de l’exploration intervient alors que la production industrielle d’or du Mali a reculé à 42,2 tonnes en 2025, contre 54,8 tonnes en 2024, soit une baisse de 22,9 %. Elle avait atteint 66,48 tonnes en 2023.
Le ministère des Mines prévoit une production industrielle de 43,2 tonnes en 2026. Celle-ci devrait rester inférieure à 60 tonnes par an jusqu’en 2029, malgré l’entrée en production attendue de nouveaux projets.
Le secteur minier demeure un pilier de l’économie malienne. En 2024, il représentait 9,5 % du produit intérieur brut, 40,9 % des recettes de l’État et 78,8 % des exportations, selon le rapport de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives. Les recettes minières encaissées par le budget s’élevaient à 978,29 milliards de francs CFA.
Le renouvellement de ces quatorze permis contribue ainsi à reconstituer progressivement le portefeuille de projets miniers susceptibles de soutenir la production future. Leur impact sur la production ne sera toutefois pas immédiat, les sociétés devant encore confirmer le potentiel économique des gisements, réaliser les études techniques et environnementales, mobiliser les financements et obtenir, le cas échéant, les autorisations d’exploitation.
MD/te/APA







