La banque publique libyenne a saisi la justice britannique pour obtenir le remboursement de créances anciennes contractées par le Zimbabwe, dans un contexte d’isolement financier prolongé de Harare.
La Libyan Foreign Bank a engagé une action en justice contre le ministre des Finances du Zimbabwe et la compagnie pétrolière nationale du pays afin de récupérer des créances dépassant 100 millions de dollars, selon des informations rapportées par Bloomberg. L’affaire a été déposée devant un tribunal britannique en novembre dernier.
Le litige porte sur des prêts accordés en 2001 dans le cadre d’une facilité de crédit destinée à soutenir les importations de produits pétroliers du Zimbabwe. Selon la requête de la banque libyenne, les engagements financiers pris à l’époque n’ont pas été honorés conformément aux termes contractuels, malgré plusieurs rappels et échanges officiels entre les deux parties au fil des années.
La Libyan Foreign Bank affirme que la compagnie pétrolière zimbabwéenne n’a versé que 5,5 millions de dollars entre 2013 et 2023, en quatre paiements distincts. Ces remboursements partiels restent très inférieurs au montant total dû, dont la valeur actuelle, intérêts compris, dépasse désormais le seuil de 100 millions de dollars, selon les calculs présentés à la juridiction saisie.
Dans ses écritures, la banque soutient que le ministre des Finances en fonction au moment de la signature de l’accord avait formellement approuvé le mécanisme de garantie de la dette par l’État zimbabwéen. Elle ajoute que les autorités de Harare ont reconnu à plusieurs reprises l’existence de cette dette depuis 2005, notamment dans des correspondances officielles adressées au créancier libyen.
Ce contentieux intervient dans un contexte financier particulièrement contraint pour le Zimbabwe. Le pays est confronté à une dette extérieure impayée estimée à au moins 21 milliards de dollars, incluant d’importants arriérés envers la Banque mondiale et d’autres bailleurs multilatéraux, accumulés sur plus de deux décennies. Cette situation expose Harare à un risque d’exclusion quasi totale des marchés financiers internationaux.
À ce stade, les autorités zimbabwéennes n’ont pas réagi publiquement à la procédure engagée devant la High Court of Justice, tandis que l’issue du dossier pourrait avoir des implications supplémentaires sur les relations financières déjà limitées du pays avec ses créanciers internationaux.
MK/Sf/APA







