La capitale économique ivoirienne abrite, du 18 au 23 mai 2026, la 45e Réunion de la Commission Technique/Plénière et la 31e Réunion du Comité ministériel du Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest (GIABA).
Rencontre stratégique, la 31e réunion du comité ministériel du GIABA se tient dans un contexte crucial pour la Côte d’Ivoire, actuellement sous surveillance renforcée du Groupe d’action financière (GAFI). Le pays multiplie les efforts pour achever son plan d’action et s’extirper au plus vite de cette liste grise du GAFI.
Lors de l’ouverture des travaux en plénière, de la 45e Réunion de la Commission Technique du GIABA, le général Idrissa Touré, président de la Cellule national de traitement des informations financières (CENTIF) et correspondant national du GIABA en Côte d’Ivoire, a mis en avant l’engagement sans équivoque des autorités ivoiriennes.
Depuis l’adoption du Rapport d’évaluation mutuelle en mai 2023, de vastes réformes institutionnelles et réglementaires ont été menées au sein des ministères et des structures publiques pour contrer la délinquance financière.
« Concernant la conformité technique, la Côte d’Ivoire a soumis au GIABA pour cette plénière, son 3ème rapport de suivi, adopté par procédure écrite, ce qui porte à 39 sur 40, le nombre de recommandations du GAFI pour lesquelles notre dispositif national de LBC/FT a atteint un niveau de conforme ou de largement conforme », a indiqué Idrissa Touré.
Pour garantir l’efficacité sur le terrain, l’État ivoirien a mobilisé l’ensemble des acteurs publics et privés. Un Comité de pilotage interministériel et des comités dédiés ont été mis en place, bénéficiant de ressources financières et matériels accrues, en plus de l’appui technique du GIABA et des partenaires financiers.
Représentant le ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, Moussa Sanogo, ministre de l’Urbanisme, du Logement et du Cadre de vie, a exprimé son optimisme quant à une sortie définitive de la liste grise. Tout en rappelant que la croissance économique s’accompagne de risques, il s’est dit confiant dans la capacité du pays à neutraliser ces menaces.
Cette plénière marque également la fin de mandat d’Edwin Harris Junior, le directeur général du GIABA, en poste depuis août 2022. Il quittera ses fonctions le 30 juillet 2026. Son leadership a permis une restructuration profonde de l’institution.
Dans son discours d’orientation, il a alerté sur l’ingéniosité des réseaux criminels et a appelé à un renforcement des dispositifs pour protéger notamment les actifs numériques, car les réseaux criminels compromettent les systèmes financiers.
De son côté, Fathma Diarré, représentante de la Cédéao en Côte d’Ivoire, a salué les progrès des États membres tout en pointant du doigt le « faible niveau d’efficacité globale » observé lors du deuxième cycle d’évaluations mutuelles.
Elle a exhorté les pays à une profonde introspection à l’aube du 3e cycle d’évaluations pour corriger les lacunes stratégiques persistantes, tout appelant les Etats à poursuivre la mise en œuvre des mesures concrètes visant à corriger les lacunes stratégiques identifiées dans leurs dispositifs afin d’obtenir de meilleurs résultats dans le cadre de ce 3e cycle.
La représentante de la Cédéao a rappelé un signal fort de coopération régionale : l’approbation en décembre 2025 par l’organisation communautaire de l’adhésion du Burkina Faso, du Niger et du Mali au GIABA, visant à faire bloc commun contre le financement du terrorisme et la criminalité transnationale en Afrique de l’Ouest.
AP/Sf/APA






