Dakar a abrité, les 11 et 12 mai 2026, une rencontre d’envergure consacrée au financement des petites et moyennes entreprises (PME), au cœur des priorités de développement économique du continent, à travers la conférence internationale de l’Association professionnelle des institutions de garantie d’Afrique (APIGA), organisée sous l’égide du FONGIP.
Placée sous le thème « Le rôle des institutions de garantie dans la transformation économique des pays d’Afrique », la rencontre de haut niveau autour du financement des PME a réuni les 11 et 12 mai, à Dakar, décideurs publics, experts financiers, dirigeants de fonds de garantie et partenaires techniques venus de plusieurs pays du continent. L’objectif affiché est de repenser les mécanismes de financement afin de lever les contraintes structurelles qui limitent l’accès au crédit des PME, considérées comme un pilier essentiel de la croissance et de la création d’emplois en Afrique.
À l’ouverture des travaux, l’administratrice générale du FONGIP, Ndèye Fatou Mbodji, a insisté sur la portée stratégique de la solidarité financière africaine. Elle a rappelé que les dispositifs de garantie constituent un levier essentiel de réduction du risque bancaire, facilitant ainsi l’accès des entrepreneurs au financement. Selon elle, « la garantie constitue le pont entre l’idée et la réalisation, entre le potentiel et l’opportunité », illustrant le rôle structurant de ces mécanismes dans l’écosystème économique africain.
Dans la même dynamique, le ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération, Abdourahmane Sarr, s’exprimant au nom du Premier ministre, a apporté une analyse plus structurelle des défis du financement. Il a souligné que la principale contrainte ne réside pas uniquement dans la disponibilité des capitaux, mais dans la capacité à structurer des projets bancables et à orienter efficacement l’épargne vers les secteurs productifs. Pour lui, les institutions de garantie doivent désormais évoluer vers un rôle plus stratégique, devenant de véritables catalyseurs de l’investissement privé et de la transformation économique.
Le ministre a également appelé à la mise en place d’un écosystème financier africain intégré, reposant sur une meilleure articulation entre banques commerciales, fonds de garantie et institutions de développement. Une telle synergie permettrait, selon lui, de réduire sensiblement le coût du capital pour les PME et de stimuler l’investissement productif à grande échelle.
Durant deux jours de travaux, les participants ont exploré plusieurs pistes d’action, notamment le renforcement des mécanismes de partage des risques, l’innovation dans les produits financiers, l’harmonisation des pratiques entre institutions de garantie et la consolidation de la coopération régionale.
Au-delà des échanges techniques, cette rencontre de Dakar confirme une ambition commune : faire des dispositifs de garantie financière un levier majeur de souveraineté économique pour l’Afrique. Dans un contexte marqué par des besoins croissants de financement du secteur privé, les recommandations issues de cette conférence devraient contribuer à orienter les réformes en cours et à renforcer les stratégies nationales de soutien aux PME sur le continent.
TE/Sf/APA







