Le président zimbabwéen Emmerson Mnangagwa a pris, jeudi, la présidence du Marché commun de l’Afrique orientale et australe (COMESA). Il s’est engagé à collaborer avec les États membres pour approfondir l’intégration économique, en misant sur la création de valeur ajoutée, l’industrialisation et le renforcement des chaînes de valeur régionales.
M. Mnangagwa succède au président kényan William Ruto à la tête de ce bloc régional qui compte 21 pays membres. La passation de la présidence a eu lieu lors du 25e sommet des chefs d’État et de gouvernement du COMESA, tenu à Harare.
En acceptant cette présidence, M. Mnangagwa a affirmé que le Zimbabwe accorderait la priorité aux mesures visant à accélérer la transformation économique et à développer les échanges commerciaux au sein de la région.
« Durant la présidence du Zimbabwe, nous comptons travailler avec les États membres pour accélérer la création de valeur ajoutée, favoriser une industrialisation inclusive et accroître la participation aux chaînes de valeur régionales », a-t-il déclaré.
Il a souligné la nécessité, pour le bloc régional, d’intensifier sa coopération afin de promouvoir la simplification des procédures commerciales, de mobiliser des financements pour des projets régionaux d’infrastructures et de développement, et de renforcer la résilience du secteur agricole face aux chocs climatiques.
Ces propos interviennent alors que les communautés économiques régionales africaines cherchent à stimuler le commerce intra-africain et l’industrialisation dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), sur fond d’appels croissants en faveur d’une plus grande création de valeur ajoutée locale et d’un renforcement des capacités manufacturières à l’échelle du continent.
Le COMESA est l’une des principales communautés économiques régionales d’Afrique. Il regroupe 21 pays d’Afrique orientale et australe, représentant une population totale de plus de 600 millions d’habitants.
Créé en 1994 pour succéder à la Zone d’échanges préférentiels des États de l’Afrique orientale et australe, ce bloc vise à promouvoir l’intégration économique régionale à travers la coopération dans les domaines du commerce et de l’investissement, le développement des infrastructures et l’harmonisation des politiques.
L’organisation dispose d’une zone de libre-échange couvrant la majeure partie de ses États membres et a mis en œuvre des programmes destinés à faciliter le commerce transfrontalier, à améliorer la connectivité des réseaux de transport et de logistique, ainsi qu’à renforcer la compétitivité régionale.
Le sommet a également marqué une étape institutionnelle majeure pour le bloc. Le président zambien Hakainde Hichilema, élu vice-président du COMESA, a officiellement remis le titre de propriété d’un terrain de 14 hectares situé à Lusaka, destiné à accueillir le futur siège permanent de l’organisation.
L’attribution de ce terrain permet à la Zambie de respecter les engagements pris dans le cadre de l’accord d’accueil et fait avancer un projet en discussion depuis des décennies. Elle ouvre ainsi la voie à l’installation d’un siège permanent pour cette organisation régionale.
Dans son allocution au sommet, M. Hichilema a exhorté les pays africains à mobiliser leurs ressources intérieures et à investir davantage dans leurs propres économies, plutôt que de dépendre fortement des capitaux extérieurs.
« Investissons ensemble. Produisons ensemble. Débarrassons-nous de ce stéréotype selon lequel les investissements doivent nécessairement venir d’Europe ou les capitaux d’Amérique », a-t-il déclaré.
Le sommet a réuni des chefs d’État et de gouvernement, des ministres ainsi que de hauts responsables venus de toute la région du COMESA, afin de débattre des priorités en matière de commerce régional, d’industrialisation, de développement des infrastructures et d’intégration économique.
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