Le gouvernement burkinabè a annoncé la nationalisation de la Société burkinabè des fibres textiles (SOFITEX), à l’issue du Conseil des ministres tenu jeudi sous la présidence du chef de l’État, le capitaine Ibrahim Traoré. Cette décision s’inscrit dans une stratégie visant à renforcer la souveraineté économique du pays.
Réuni en session ordinaire, le Conseil des ministres burkinabé a adopté deux décrets : l’un portant sur la nationalisation de la SOFITEX, et l’autre sur l’approbation de ses nouveaux statuts. Désormais, l’État burkinabè détient 100 % du capital de cette entreprise clé du secteur cotonnier.
Selon le ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat, Serge Gnaniodem Poda, la société disposait d’un capital social de 19,5 milliards de FCFA. Avant cette décision, l’État en détenait 89 %, contre 5 % pour des entités publiques et 6 % pour des investisseurs privés, nationaux et internationaux.
Le ministre a expliqué que cette mesure répond aux difficultés structurelles rencontrées par la SOFITEX depuis plusieurs années. Parmi celles-ci figurent un endettement élevé, des charges de fonctionnement importantes et des retards récurrents dans le paiement des producteurs. À cela s’ajoutent des facteurs externes, notamment la volatilité des prix des intrants et des matières premières sur le marché international.
« Face à ces difficultés qui affectent les performances de la SOFITEX, le gouvernement a décidé d’en devenir l’unique actionnaire afin d’assurer la stabilité de la filière », a indiqué M. Poda.
L’État a ainsi procédé au rachat des parts détenues par les actionnaires privés, dans l’objectif de redynamiser l’entreprise et d’améliorer ses résultats, en cohérence avec sa politique de transformation économique.
Cette nationalisation s’inscrit dans une dynamique plus large engagée ces dernières années. En novembre 2025, l’État avait déjà repris le contrôle de la SN-CITEC, tandis que plusieurs sociétés minières avaient été transférées à la SOPAMIB en juin de la même année.
Par ailleurs, la Banque commerciale du Burkina (BCB) a été nationalisée en 2024, tout comme la SN-SOSUCO, traduisant une volonté affirmée des autorités de renforcer le contrôle public des secteurs stratégiques pour le développement national.
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