À quelques jours de l’ouverture de l’IATF 2025 à Alger, le gouvernement multiplie les annonces sur la « couverture médiatique professionnelle » de l’évènement, au risque de transformer ce rendez-vous continental en vitrine de propagande.
Le ministre algérien de la Communication, Mohamed Meziane, a martelé que « toutes les dispositions » avaient été prises, pour assurer une diffusion « complète, professionnelle et interactive » de la 4e édition de la Foire intra-africaine du commerce, prévue du 4 au 10 septembre. Derrière ce discours volontariste, la réalité renvoie davantage à une opération de communication orchestrée par le pouvoir qu’à un engagement économique sincère.
Les moyens mobilisés sont impressionnants sur le papier : neuf plateaux télévisés, trois studios radio, plus de 120 ordinateurs connectés au haut débit, sans oublier un centre de presse flambant neuf au Centre international de conférences Abdelatif-Rahal. Pourtant, ces annonces rappellent les grands dispositifs d’apparat déjà déployés lors de précédents sommets africains organisés par Alger, souvent critiqués pour leur manque de contenu concret et leur incapacité à générer des retombées économiques tangibles.
Le gouvernement insiste sur l’idée de faire de l’Algérie « une capitale économique de l’Afrique » et un « espace attractif pour les investissements ». Mais ces ambitions contrastent fortement avec la stagnation de l’économie nationale, toujours dépendante des hydrocarbures, et avec l’instabilité politique récurrente, marquée par une succession de remaniements gouvernementaux et un climat social tendu.
L’Algérie prétend promouvoir la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), mais peine à diversifier ses échanges commerciaux, encore largement centrés sur l’Europe et dominés par les exportations énergétiques. De nombreux observateurs estiment que la foire risque de n’être qu’un écran de fumée, destiné à masquer l’isolement diplomatique croissant du pays, notamment face au dynamisme de ses voisins, comme le Maroc engagé dans des projets structurants à long terme avec plusieurs États africains.
Avec 1 100 demandes d’accréditations, dont 175 de médias étrangers, Alger veut donner l’image d’un pays ouvert et influent. Mais la véritable question demeure : cette démonstration médiatique pourra-t-elle compenser l’absence de vision économique durable et la défiance croissante des investisseurs internationaux à l’égard d’un marché algérien peu compétitif et miné par la bureaucratie ?
MK/Sf/APA






