La Banque nationale d’Éthiopie (NBE) a annoncé que le taux d’inflation du pays est tombé à 13,6 % en août, contre plus de 17 % en mai 2025.
Dans un communiqué publié mardi, la NBE a indiqué que la tendance baissière de l’inflation (13,6% en août) est soutenue par une politique monétaire rigoureuse, une amélioration de la production agricole et une ajustement progressif des prix administrés.
L’inflation alimentaire a reculé à 12,7 %, contre 18,8 % un an plus tôt, tandis que l’inflation hors produits alimentaires a légèrement progressé à 15,1 %, en raison notamment de l’impact du taux de change sur les prix. L’inflation mensuelle est restée modérée à 1,1 %, signe d’une pression limitée sur les nouveaux prix.
L’activité économique demeure dynamique, soutenue par les initiatives visant à accroître l’offre agricole, la croissance industrielle alimentée par un assouplissement des contraintes de change, ainsi que par les exportations solides de café, d’or et de services tels que le transport aérien et le tourisme.
Les importations de biens semi-finis et de biens de consommation ont connu une légère baisse par rapport à l’exercice précédent. Parallèlement, les agrégats monétaires se sont accrus, traduisant un assouplissement modéré des politiques de crédit, en lien avec les évolutions budgétaires et extérieures.
Sur un an, la masse monétaire globale et la monnaie de réserve ont progressé respectivement de 23,1 % et 70,7 %, tandis que le crédit intérieur a augmenté de 14 % à fin août 2025. Les prêts bancaires ont crû de 5,4 % depuis juin. La hausse de la monnaie de réserve découle notamment des achats d’or par la NBE et de l’injection de liquidités en monnaie locale correspondante, même si le plafond de crédit a limité l’expansion monétaire.
Les taux d’intérêt à court terme ont légèrement baissé mais restent proches du taux directeur et positifs en termes réels, un signal encourageant pour le développement du marché monétaire. Le rendement moyen pondéré des bons du Trésor à 91 jours est passé de 17,6 % en juin à 15 % en août, tandis que les taux interbancaires se sont établis à 13,7 %, demeurant dans la fourchette cible de la NBE (15 % ± 3 points). Le volume des transactions interbancaires a atteint 945,1 milliards de birrs en octobre 2024.
Le secteur bancaire reste solide, avec un faible taux de créances douteuses et un niveau de capital satisfaisant, bien que certaines institutions subissent des tensions de liquidité liées à un rapport prêts/dépôts élevé. Le marché monétaire interbancaire et la facilité permanente de prêt de la NBE ont permis d’atténuer ces pressions à court terme.
La politique budgétaire est demeurée prudente et disciplinée : le gouvernement s’est abstenu d’emprunter auprès de la banque centrale au cours des deux premiers mois de l’exercice 2025/2026, soutenant ainsi la fermeté monétaire de la NBE.
Sur le plan extérieur, la balance des paiements affiche une bonne performance depuis la réforme globale de juillet 2024, portée par la hausse des exportations, des envois de fonds et des recettes de services, assurant un excédent du compte courant.
La NBE a réaffirmé sa volonté de maintenir une politique monétaire stricte tout en relevant l’objectif de croissance du crédit pour l’exercice 2025/2026.
Au niveau mondial, l’inflation devrait poursuivre sa baisse, avec des taux attendus à 4,2 % en 2025 et 3,6 % en 2026. Les nouveaux tarifs douaniers américains pourraient toutefois influencer les prix à la consommation aux États-Unis dans la deuxième moitié de 2025.
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