Le Fonds de garantie des crédits aux PME (FGAR) en Algérie annonce l’extension de son dispositif aux crédits d’exploitation via des conventions avec 15 banques, une évolution présentée comme un levier de financement, mais dont l’impact réel reste étroitement encadré.
Le Fonds de garantie des crédits aux PME algériennes prévoit de finaliser, d’ici fin janvier, la signature de conventions avec quinze banques afin d’élargir sa garantie aux crédits d’exploitation. L’annonce, faite par le directeur général El Hadi Temmam à l’Agence de presse algérienne, marque un tournant réglementaire permis par la loi de finances 2025, qui autorise désormais le Fonds à couvrir ce type de financement, jusque-là exclu depuis sa création en 2004.
Dans les faits, trois conventions ont déjà été conclues depuis novembre, et le FGAR entend porter ce nombre à quinze courant janvier 2026. Les accords fixent un plafond de crédit à 50 millions de dinars algériens, avec une garantie maximale de 35 millions de dinars, soit un taux de couverture de 70 %. Une architecture prudente, qui illustre la volonté de partager le risque avec les banques, mais qui limite mécaniquement la portée du dispositif pour les PME ayant des besoins de trésorerie plus élevés.
Présentée comme une réponse aux difficultés de financement des entreprises, notamment en phase de création ou de développement, l’extension de la garantie aux crédits d’exploitation reste conditionnée à l’appétit réel des banques pour le risque PME. Or, dans un système bancaire encore largement aversif au crédit non adossé à des garanties réelles, la présence du FGAR ne lève pas toutes les contraintes structurelles, en particulier les délais de traitement et les exigences administratives.
Le bilan 2025 du Fonds illustre cette portée mesurée. Selon ses propres données, 297 PME ont été accompagnées, pour un potentiel de 5 615 emplois à créer. Le coût total des projets s’élève à 40,5 milliards de dinars (environ 277 millions d’euros), tandis que les garanties accordées atteignent 12,29 milliards de dinars (près de 84 millions d’euros). Des montants significatifs, mais modestes à l’échelle des besoins de financement du tissu entrepreneurial national.
Sectoriellement, l’industrie concentre 43,4 % des projets soutenus, devant les services (27,27 %) et le BTP (17,51 %), tandis que l’agriculture et la pêche restent marginales. Géographiquement, plus de 70 % des projets sont localisés dans le centre et l’est du pays, confirmant les déséquilibres régionaux persistants.
Pour 2026, le FGAR annonce un plan stratégique axé sur le lancement effectif de la garantie des crédits d’exploitation, la modernisation de son système d’information et l’ouverture de nouvelles antennes. Autant de chantiers nécessaires, mais dont l’efficacité dépendra moins des annonces que de la capacité à transformer l’élargissement juridique en financement effectif et rapide pour les PME algériennes.
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