Alger annonce une transformation de son industrie automobile, tandis que les limites structurelles du secteur interrogent la portée réelle de cette relance.
Les autorités algériennes ont engagé une relance des anciennes usines automobiles, fermées dans le cadre d’affaires de corruption, avec l’objectif affiché de bâtir une industrie plus intégrée et créatrice de valeur. Le président Abdelmadjid Tebboune défend un changement de modèle, passant d’activités d’assemblage à une production industrielle plus structurée, selon les orientations relayées par le ministère de l’Industrie.
Cette ambition intervient après des années de dérives dans le secteur, marqué par des unités de montage à faible contenu local et peu génératrices de valeur ajoutée. Les anciennes installations, associées à des marques comme Kia, Hyundai ou Volkswagen, se limitaient souvent à des opérations d’assemblage, sans véritable transfert de technologie ni développement d’un tissu industriel local.
La stratégie actuelle repose sur des partenariats avec des constructeurs internationaux, appelés à investir dans la modernisation des sites et à accompagner une montée progressive du taux d’intégration locale. Des visites techniques ont été réalisées et des travaux d’adaptation sont en cours pour aligner les installations sur les standards industriels. Les autorités mettent en avant l’intégration des PME dans la chaîne de production, présentée comme un levier pour structurer un écosystème industriel.
Malgré ces annonces, plusieurs incertitudes persistent quant à la capacité du pays à opérer ce changement de modèle. L’attractivité du cadre réglementaire, la stabilité des règles d’investissement et la disponibilité d’un réseau de sous-traitance compétitif constituent des prérequis encore fragiles. Les précédentes expériences dans le secteur ont laissé une image d’instabilité qui pèse sur la confiance des investisseurs internationaux.
La reprise observée en 2026, notamment autour de certains projets portés par des groupes comme Stellantis, reste à consolider. Les intentions affichées par d’autres constructeurs, dont Hyundai ou Opel, témoignent d’un intérêt, sans garantir à ce stade une transformation industrielle à grande échelle.
Au-delà du secteur automobile, cet épisode illustre les défis plus larges de l’économie algérienne, confrontée à la nécessité de diversifier ses sources de croissance. La réussite de cette relance dépendra de la capacité à dépasser une logique d’annonces pour construire un environnement industriel stable, capable de soutenir une montée en gamme durable et crédible à l’échelle régionale africaine.
MK/AK/Sf/APA







