Une étude, réalisée sur sept filières agricoles dont le riz, montre que le niveau organisationnel des acteurs reste encore très faible.
Le Programme de développement de la Microfinance Islamique au Sénégal (Promise) a présenté, lundi à Dakar, le rapport de mission d’élaboration des notes de synthèse sur les chaînes de valeur riz, maïs, anacarde, pêche artisanale, bissap, sel et élevage (bétail/viande). Il ressort de cette étude que l’approche chaîne de valeur est encore loin d’être adoptée par les acteurs s’activant dans ces différents secteurs.
« Les différentes chaînes de valeur faisant l’objet de la présente étude sont marquées par un manque notoire d’organisation des acteurs, à tous les niveaux. La majeure partie des acteurs rencontrés sont constitués sous forme d’entreprises familiales, souvent caractérisées par un faible niveau entrepreneurial, un manque d’organisation et un accès difficile au marché », souligne le rapport.
Selon les auteurs de l’étude, l’approche chaîne de valeur est exclusivement orientée vers le marché. Toutefois, relativise-t-elle, dans la zone centre du pays, les acteurs évoluant dans la culture du maïs affichent un niveau d’organisation proche de celle d’une chaîne de valeur. De même, le modèle développé, autour du riz, dans la zone d’Anambé offre aussi des espoirs pour les acteurs impliqués.
Pour ces deux zones, des efforts supplémentaires en termes organisationnel doivent être produits et des mécanismes de coordination adéquats développés.
Des recommandations à mettre en œuvre
Malgré la situation actuelle, note le rapport, les différentes filières offrent de réelles opportunités qui, si elles sont judicieusement exploitées, pourront permettre une meilleure relance des activités des acteurs, mais surtout une plus grande création de valeur et d’emplois et renforcer ainsi leur contribution à la création de richesses au niveau national.
L’étude invite ainsi les différents acteurs à travailler main dans la main pour structurer les chaînes de valeur. « Il faudra arriver, à travers des séances de sensibilisation et de formation, à un stade où les acteurs se départissent de leurs réflexes solitaires, tournées vers le gain immédiat, afin de s’insérer dans une approche de collaboration, qui vise les gains futurs », affirment les auteurs de la recherche.
Les chercheurs appellent également à une amélioration du niveau organisationnel des acteurs, la mise en place d’un système de communication efficace, permettant aux acteurs d’accéder aux informations sur les marchés et à temps opportun, la facilitation de l’accès aux services de vulgarisation et le développement de nouvelles technologies.
L’accès aux infrastructures de conservation et de conditionnement des produits, aux normes requises, le renforcement du niveau de transformation des produits locaux en vue d’une plus grande création de valeur au plan national, l’amélioration du système de commercialisation des produits, à travers la contractualisation, la facilitation de l’accès des acteurs aux facteurs de production (équipement et intrants), et l’initiation de systèmes de financement innovants, dont la finance islamique, ont également été plébiscités.
ARD/te/APA