Le président israélien Isaac Herzog a choisi samedi 7 novembre 2026 l’ancien chef d’état-major Gadi Eisenkot pour tenter de former le prochain gouvernement, à l’issue des élections législatives du 27 octobre qui ont privé le Premier ministre sortant Benjamin Netanyahu de sa majorité parlementaire.
Cette décision constitue un revers politique pour Netanyahu, au pouvoir depuis décembre 2022, dont la coalition nationaliste et religieuse ne dispose plus des 61 sièges nécessaires pour gouverner.
Lors des consultations présidentielles achevées jeudi, 67 députés sur les 120 que compte la Knesset ont recommandé Eisenkot pour diriger le prochain gouvernement, contre 46 en faveur de Netanyahu. Sept élus du parti ultraorthodoxe Judaïsme unifié de la Torah n’ont soutenu aucun des deux responsables, fragilisant davantage le camp du Premier ministre sortant, selon les données communiquées par la présidence israélienne et rapportées par Reuters.
Le mandat doit être officiellement remis à Eisenkot dimanche 8 novembre à Jérusalem. L’ancien chef d’état-major disposera de 28 jours, avec une possibilité de prolongation de 14 jours, pour constituer une coalition et obtenir la confiance du Parlement.
Le scrutin du 27 octobre a placé le Likoud de Netanyahu en tête des formations politiques avec 27 sièges. Toutefois, l’ensemble de son bloc nationaliste et religieux ne totalise que 53 élus. Le camp soutenant Eisenkot, composé de formations allant du centre gauche à la droite, compte 48 sièges, tandis que les partis représentant les citoyens arabes d’Israël disposent de 19 élus, selon Reuters et Associated Press.
Le soutien de ces dernières formations a été déterminant dans les consultations présidentielles. La Liste commune et Ra’am ont toutes deux recommandé Eisenkot, même si celui-ci a jusqu’ici exclu de les intégrer dans son gouvernement. Ra’am s’est déclaré disposé à participer à une coalition dirigée par l’ancien chef militaire, tandis que la Liste commune privilégie un éventuel soutien parlementaire extérieur, rapporte Al Jazeera.
De son côté, Benjamin Netanyahu a renouvelé samedi son appel à la formation d’un gouvernement d’union nationale. Il a estimé qu’une coalition dépendant du soutien des partis arabes ne pourrait pas mener efficacement la lutte contre le Hamas.
Cette proposition a suscité une réaction du parti Yashar d’Eisenkot, qui a invité le Likoud à rejoindre un gouvernement dirigé par son responsable, à condition de rompre son alliance avec les formations nationalistes les plus radicales, selon le quotidien The Times of Israel.
La question de la conscription militaire des juifs ultraorthodoxes constitue également un point de blocage dans les négociations, après le refus de Judaïsme unifié de la Torah de recommander Netanyahu lors des consultations présidentielles.
Benjamin Netanyahu dirige le gouvernement israélien depuis décembre 2022, à la tête d’une coalition associant le Likoud, des formations nationalistes et des partis ultraorthodoxes. Les élections du 27 octobre ouvrent ainsi une nouvelle phase de négociations politiques, dans un contexte marqué par les tensions sécuritaires liées à Gaza, au Liban et à l’Iran.
AC/APA





