La Commission sous-régionale des pêches (CSRP) a réuni mercredi à Dakar les représentants de ses sept États membres et ses partenaires pour renforcer le partage des données et la surveillance des activités de pêche, dans le cadre de la lutte contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN).
« La transparence et le partage de l’information sont essentiels pour renforcer la coopération régionale et améliorer la gestion des ressources halieutiques », a déclaré Khallahi Brahim, secrétaire permanent de la CSRP, à l’ouverture du deuxième atelier annuel du projet d’appui à l’exploitation des données ouvertes, de la technologie et de la transparence pour une meilleure gestion des pêches (AEDT-GP), organisé du 28 au 30 octobre avec l’organisation internationale Global Fishing Watch (GFW).
Soulignant le rôle des ressources halieutiques dans la sécurité alimentaire, l’emploi et les économies nationales, le secrétaire permanent de la CSRP a rappelé que la pêche INN « fragilise les écosystèmes, pénalise les opérateurs respectueux et prive nos États et nos communautés de revenus indispensables ».
Le conseiller technique du ministère sénégalais des Pêches et de l’Économie maritime a, pour sa part, insisté sur la nécessité de renforcer la circulation de l’information et la coordination entre les administrations nationales et les institutions sous-régionales.
« L’efficacité de nos réponses dépend de notre capacité à partager les informations, à coordonner nos interventions et à construire une connaissance complète des activités de pêche », a-t-il déclaré, soulignant que les ressources halieutiques dépassent les frontières nationales.
Les travaux portent notamment sur l’évaluation des activités menées depuis le lancement du projet en décembre 2025, l’utilisation des outils de surveillance et la définition des priorités pour la deuxième année de mise en œuvre.
Le tableau de bord régional au cœur des échanges
La redynamisation du tableau de bord de la CSRP figure parmi les principaux objectifs de l’atelier. Cet outil doit permettre de centraliser des informations actualisées et comparables sur les pêcheries, les flottilles et la gouvernance du secteur.
Selon Khallahi Brahim, son efficacité dépendra du choix d’indicateurs pertinents et de l’actualisation régulière des données. Le conseiller technique sénégalais a également souligné l’importance de définir les sources d’information, les modalités de validation et les responsabilités des points focaux nationaux.
Le partenariat entre la CSRP et GFW vise à améliorer l’accès des administrations aux données, leur analyse et leur utilisation pour éclairer les décisions d’aménagement et renforcer le suivi, le contrôle et la surveillance des pêches.
Dame Mboup, responsable du programme régional de GFW en Afrique, a mis en avant l’apport des données ouvertes et des outils technologiques dans la détection des activités de pêche suspectes et la préparation des opérations de contrôle. Il a toutefois rappelé que « la technologie ne saurait à elle seule résoudre l’ensemble des difficultés », son efficacité dépendant également de la qualité des données et de la coopération entre les institutions.
Les participants doivent également examiner les modalités de désignation des points focaux nationaux ainsi que les règles encadrant l’accès, le partage, la validation et l’utilisation des informations. Les échanges doivent aboutir à une feuille de route précisant les activités prioritaires, les responsabilités et le calendrier de la deuxième année du projet.
Les sept États membres de la CSRP sont le Cabo Verde, la Gambie, la Guinée, la Guinée-Bissau, la Mauritanie, le Sénégal et la Sierra Léone.
Financé par Oceans 5 sur une durée de trois ans, le projet AEDT-GP vise à renforcer les capacités des administrations nationales et des institutions régionales en matière de gestion durable des ressources halieutiques selon les organisateurs.
SS/Sf/APA





