Trente-neuf personnes, dont un homme, comparaissent depuis lundi devant un tribunal de Kaya, dans le centre-nord du Burkina Faso, pour des faits d’excision ayant fait une trentaine de victimes, selon le média burkinabè MoussoNews.
Le procès, prévu sur trois jours, se tient à la mairie de Boussouma, dans le cadre d’une audience foraine destinée à rapprocher la justice des populations.
Les prévenus ont été interpellés le 22 septembre lors d’une opération policière qui a mis au jour une pratique exercée depuis plusieurs années à Kaya, selon MoussoNews.
Au premier jour des audiences, une femme d’une soixantaine d’années, présentée comme l’exciseuse principale, a reconnu avoir pratiqué des excisions sur des fillettes âgées de quatre à six ans. Elle a expliqué exercer cette activité depuis une quinzaine d’années et a demandé la clémence du tribunal.
Selon ses déclarations rapportées par le média, elle recevait 2 500 francs CFA et une boule de savon par enfant excisée. Elle a également affirmé utiliser une lame, sans porter de gants.
Plusieurs femmes poursuivies dans le dossier ont reconnu avoir aidé à maintenir les fillettes pendant les interventions. Elles ont déclaré recevoir 200 francs CFA par enfant, selon la même source.
Le seul homme poursuivi dans cette affaire a, pour sa part, reconnu avoir donné son accord pour l’excision de huit fillettes, dont trois de ses enfants et cinq de ses sœurs. Il a affirmé ignorer que cette pratique était interdite.
À l’ouverture du procès, le procureur du tribunal de grande instance de Kaya, Édouard Bancé, a rappelé que l’excision est passible au Burkina Faso d’une peine d’un à dix ans d’emprisonnement et d’une amende de 500.000 à trois millions de francs CFA.
La culpabilité des prévenus reste à établir à l’issue du procès.
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