« Il est temps que l’Afrique prenne la plume et définisse son avenir », a déclaré lundi à Accra la reine Olori Atuwatse III, cofondatrice d’Elevate Africa, lors de la présentation de l’Elevate Africa Annual Convening 2026, prévu les 28 et 29 octobre dans la capitale ghanéenne.
Placée sous le thème « L’Afrique définit son avenir », cette troisième édition réunira des dirigeants politiques, des souverains traditionnels, des investisseurs, des créateurs et des représentants de la diaspora autour du leadership africain, de l’intégration économique et des solutions portées par les Africains.
Promouvoir les solutions africaines
Présentant les objectifs de la plateforme, la reine du royaume de Warri, dans le sud du Nigéria, a mis en avant trois priorités : valoriser les solutions africaines, rapprocher les dirigeants et les créateurs, et former les talents du continent.
« Nous ne nous plaignons pas : nous adoptons un état d’esprit qui consiste à amplifier les solutions que l’Afrique possède déjà », a-t-elle déclaré, appelant également à changer le regard des Africains sur leur propre continent.
Le choix d’Accra s’inscrit, selon elle, dans la tradition panafricaine du Ghana, marquée par l’héritage de Kwame Nkrumah, l’Année du retour et l’engagement en faveur de la justice réparatrice. La capitale ghanéenne accueille également le secrétariat de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
Le Ghana renforce les liens avec la diaspora
Représentant le gouvernement ghanéen, le directeur des Affaires de la diaspora, Gladstone Selorm Kofi Dake, a annoncé le lancement prochain d’une nouvelle session d’octroi de la citoyenneté aux personnes d’ascendance africaine.
Il a précisé que les autorités accorderaient une attention particulière aux candidats contribuant au développement économique du Ghana, notamment ceux qui y vivent et y entreprennent depuis plusieurs années.
« L’avenir de l’Afrique ne sera certainement pas le même sans la diaspora », a-t-il affirmé, évoquant également les revendications de justice réparatrice et la restitution des biens culturels africains.
L’intégration économique au cœur des débats
Au nom de l’Africa Prosperity Network (APN), son directeur de la stratégie, Prince Moses, a appelé à lever les obstacles à la circulation des personnes, des capitaux et des biens sur le continent.
« Le marché unique africain compte plus de 1,5 milliard d’habitants et représente un PIB combiné de plus de 3 400 milliards de dollars. Malgré cela, le commerce intra-africain ne représente que 15 à 16 % de nos échanges totaux », a-t-il déclaré.
Il a plaidé pour la mise en œuvre des engagements liés à la ZLECAf, la facilitation des déplacements sans visa et le déploiement du Système panafricain de paiement et de règlement (PAPSS).
« L’Afrique est leader mondial du mobile money, mais ne parvient toujours pas à se payer elle-même d’un pays à l’autre », a-t-il déploré.
L’APN organisera du 13 au 15 janvier 2027 à Accra la cinquième édition des Africa Prosperity Dialogues, consacrée à la libre circulation, aux paiements transfrontaliers et au développement du commerce africain.
Changer le récit sur l’Afrique
Les intervenants ont également insisté sur la nécessité de transformer les représentations du continent dans les médias internationaux.
Grace Nelson, ancienne participante à l’Elevate Africa Fellowship, a dénoncé les stéréotypes persistants et appelé à mettre davantage en lumière les réussites africaines.
« Si les gens doivent voir l’Afrique autrement, cela commence par vous et moi », a-t-elle déclaré, estimant que les rencontres devaient déboucher sur des actions concrètes.
La parlementaire américaine de Géorgie, Kim Schofield, a également souligné l’importance des liens entre l’Afrique et la diaspora afro-américaine.
« Tant que l’Afrique ne sera pas complète, les Afro-Américains ne le seront jamais », a-t-elle affirmé.
Emmanuel Ikubese, membre de la promotion 2026 du programme de formation, a, de son côté, défendu la collaboration entre les professionnels africains, estimant que le développement du continent reposait sur l’intelligence collective et la mobilisation de ses talents.
Une déclaration attendue à Accra
La rencontre doit déboucher sur une Déclaration d’Accra, un communiqué de la jeunesse et une note d’orientation sur l’économie créative.
Les organisateurs prévoient également le lancement du « Trade Desk », destiné à faciliter les relations entre entreprises et investisseurs, ainsi que du programme Africa Ayana, consacré aux Africains de la diaspora, dont les candidatures doivent s’ouvrir en janvier 2027.
Selon les organisateurs, Elevate Africa a réuni en deux ans plus de 600 délégués issus de plus de 16 pays lors de rencontres organisées notamment à Abuja, au Nigéria, et à Gaborone, au Botswana. Le forum de cette année affiche complet, avec près de 1 000 personnes inscrites sur une liste d’attente.
AC/Sf/APA





