L’économie marocaine devrait terminer l’année 2026 sur une accélération de sa croissance, projetée à 4,7%, malgré les répercussions du choc énergétique provoqué par le déclenchement de la guerre en Iran à la fin février.
Selon les dernières estimations du Haut-Commissariat au plan (HCP), le PIB au Maroc progresserait de 4,7% au quatrième trimestre, après 4,1% au troisième trimestre et 4% au deuxième.
Cette amélioration serait principalement portée par le redressement des industries extractives, le maintien de la dynamique dans l’agriculture et les services, ainsi que par la demande intérieure. Le HCP prévoit même une croissance de 5,3% en cas d’atténuation du choc énergétique, mais prévient qu’une nouvelle intensification des tensions au Moyen-Orient pourrait compromettre cette trajectoire.
Cette prévision repose sur une hypothèse centrale de relative stabilité des prix de l’énergie et d’absence de nouveaux chocs majeurs. Dans ce scénario, l’activité économique bénéficierait notamment d’un redressement progressif des industries extractives et des activités qui leur sont liées. L’agriculture a constitué le principal moteur de cette performance, avec une hausse de 19,9% en glissement annuel, ainsi que les services, qui ont enregistré une croissance de 3,9%, soutenue notamment par l’hébergement et la restauration, ainsi que par les services non marchands et financiers.
Selon le HCP, cette reprise interviendrait à mesure que s’achèveraient les travaux d’entretien engagés dans ces industries au cours des deuxième et troisième trimestres. Elle serait également soutenue par le réajustement des exportations au nouveau cycle de reconstitution des stocks d’engrais dans les pays d’Amérique latine et d’Afrique.
L’agriculture et les services continueraient, parallèlement, de jouer un rôle déterminant dans l’expansion économique. Leur contribution cumulée à la croissance avoisinerait 4 points au quatrième trimestre 2026.
Du côté de la demande, le HCP anticipe la poursuite du soutien de la consommation et de l’investissement à l’activité économique.
Les dépenses de consommation des ménages devraient progresser de 4,3% au quatrième trimestre, en variation annuelle, après une hausse estimée à 4,1% au troisième trimestre. Cette évolution serait favorisée par le maintien de conditions attractives de financement bancaire et la reconduction des mesures budgétaires destinées à limiter la transmission de l’inflation énergétique.
L’investissement devrait également accélérer, avec une progression prévue de 6,8% au dernier trimestre de l’année, contre 6,2% au troisième trimestre. Cette évolution serait principalement soutenue par les grands projets d’infrastructure.
Le scénario central du HCP reste toutefois soumis à plusieurs risques. Une nouvelle intensification des tensions au Moyen-Orient, combinée au renforcement des contraintes d’accessibilité économique durant l’hiver, pourrait provoquer des pressions inflationnistes supplémentaires et peser sur les capacités de production ainsi que sur la croissance.
À l’inverse, un assouplissement des contraintes d’approvisionnement en matières premières énergétiques au Moyen-Orient, accompagné d’un recul des cours du pétrole, pourrait porter la croissance à environ 5,3% au quatrième trimestre, contre 4,7% dans le scénario central. Dans cette hypothèse plus favorable, le redressement des industries chimiques contribuerait à une reprise de l’activité industrielle, attendue en hausse de 1,6%.
Au troisième trimestre, l’économie nationale aurait maintenu une croissance de 4,1% en variation annuelle, malgré la prolongation du choc énergétique. L’agriculture aurait constitué le principal soutien de l’offre, avec une progression de 19,9%. Les services auraient augmenté de 3,9%, portés notamment par l’hébergement et la restauration, les services non marchands et les activités financières.
Les activités secondaires auraient, en revanche, poursuivi leur repli, mais à un rythme moins prononcé, avec une contraction estimée à 1,9%, contre 3,9% au deuxième trimestre. Les industries alimentaires, automobiles et de fabrication de matériel électrique auraient mieux résisté. À l’inverse, le textile, la chimie, la fabrication du caoutchouc et l’électronique seraient restés en retrait.
Le choc énergétique aurait également continué à affecter les échanges extérieurs au troisième trimestre. Selon le HCP, les prix à l’importation auraient augmenté plus rapidement que les prix à l’exportation, entraînant une nouvelle détérioration des termes de l’échange et une compression des marges des entreprises. Dans ce contexte, la croissance en volume des exportations aurait ralenti à 6,2% au troisième trimestre, contre 7,6% au deuxième. Ce ralentissement se serait accompagné d’une modération des importations, permettant de réduire la contribution négative des échanges extérieurs à la croissance. Celle-ci serait passée de -1,6 point au deuxième trimestre à -1,2 point au troisième.
AK/Sf/APA





