Alors que des pluies liées au phénomène El Niño sont prévues entre octobre et décembre 2026, les Forces de défense du Kenya renforcent leurs capacités médicales d’urgence afin de soutenir les efforts de réponse nationale lorsque les services de santé locaux sont mis à rude épreuve.
Face aux inondations qui endommagent les habitations, bloquent l’accès aux dispensaires, contaminent l’eau et contraignent les familles à se réfugier dans des camps surpeuplés où des maladies comme le choléra peuvent se propager rapidement, le Kenya cherche à en limiter les conséquences prévisibles du phénomène El Niño en agissant promptement avant qu’une nouvelle catastrophe ne survienne.
Les inondations survenues durant la grande saison des pluies, de mars à mai, ont touché 27 comtés, provoqué des glissements de terrain dans ceux de Tharaka-Nithi, Elgeyo-Marakwet et Kiambu, et privé certaines communautés d’accès aux services essentiels. En mai, 122 décès avaient été recensés et plus de 42 000 personnes avaient été affectées.
Le Département météorologique du Kenya prévoit des conditions liées à El Niño ainsi que des précipitations supérieures à la moyenne sur une grande partie du territoire.
Une évaluation nationale a permis d’identifier 18 comtés et 5 660 établissements de santé situés dans des zones à risque et a estimé le niveau global de préparation aux inondations à 54 %. Si des structures clés sont en place, d’importantes lacunes subsistent.
Le Kenya agit sur plusieurs fronts. Un plan d’urgence « El Niño » a été mis en place, le ministère de la Santé et le Centre national des opérations de secours ont lancé des réunions de planification conjointe, et les comtés bénéficient d’un soutien pour évaluer leur propre niveau de préparation.
Les Forces de défense du Kenya (KDF) ont constitué une équipe médicale d’urgence adaptée à ce type de crise. Ce groupe spécialisé intervient lors de catastrophes pour soigner les malades et les blessés, tout en assurant la continuité des soins essentiels.
Trente professionnels de santé des KDF ont suivi une formation initiale en 2024. L’équipe dispose désormais d’une structure de commandement ainsi que de procédures écrites.
Renforcer les fondations de l’équipe
Du 8 au 11 septembre 2026, l’équipe de sécurité sanitaire des Forces de défense du Kenya et des experts de l’OMS ont approfondi ce travail.
Ils ont mis en place une équipe de direction centrale aux rôles clairement définis, élaboré des procédures opérationnelles normalisées concernant les soins cliniques, la logistique ainsi que l’eau, l’assainissement et l’hygiène, et formé les 30 premiers membres de l’équipe.
Les participants ont également examiné la feuille de route pour la mise en place d’une équipe médicale d’urgence fixe de type 1, accréditée par l’OMS, capable de prodiguer des soins à un grand nombre de patients depuis un site fixe en situation d’urgence. Une fois opérationnelle, cette équipe constituerait une ressource nationale pour les interventions d’urgence à grande échelle.
Tester la réponse avant l’arrivée des inondations
Sur cette base, les participants ont réalisé un exercice sur table afin d’identifier rapidement les lacunes potentielles. Ils ont travaillé sur un scénario impliquant de fortes pluies provoquant des inondations et le déplacement de familles, suivi d’une épidémie de choléra dans les camps de déplacés.
À chaque étape, ils ont discuté des modalités d’activation de l’équipe, de la coordination avec les autorités sanitaires nationales et locales, de la mobilisation des ressources, de la prestation de services cliniques, de santé publique et d’assainissement, ainsi que des phases de transfert et de retrait.
L’exercice a mis en évidence les procédures nécessitant des ajustements et a clarifié les rôles de coordination, tant au sein qu’à l’extérieur des KDF (Forces de défense du Kenya).
« En tant que KDF, nous sommes appelés à intervenir le moment venu. Si les systèmes sont saturés, nous pouvons constituer un atout national majeur. Nous n’agissons pas seuls ; nous faisons partie d’une équipe », a déclaré le directeur des services médicaux, le général de division (Dr) Francis Kuria, chef des services de soutien clinique.
Les participants ont clôturé la semaine en élaborant un plan de préparation et de réponse au phénomène El Niño. Ce plan définit les scénarios auxquels le Kenya pourrait être confronté ainsi que les actions prioritaires que l’équipe mènerait pour faire face aux inondations et aux urgences sanitaires qui en découlent.
Agir comme un système unifié
Les urgences de cette ampleur exigent une réponse mobilisant l’ensemble du gouvernement. L’exercice a permis de clarifier la manière dont l’équipe collaborerait avec le ministère de la Santé, les autorités locales et d’autres organismes.
« La préparation consiste à tester les systèmes avant qu’ils ne soient sollicités. Ce type d’exercice nous aide à examiner des scénarios et à combler les lacunes avant la survenue d’une urgence. L’OMS poursuivra sa collaboration avec les KDF et leurs partenaires, en amont de la saison El Niño et au-delà », a déclaré le Dr Martins Livinus, responsable de l’équipe de préparation et de réponse aux urgences au bureau de l’OMS au Kenya.
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