Un siècle après le premier tracé, la Côte d’Ivoire et le Ghana franchissent un cap historique dans la gestion de leur frontière commune. Réunis ce mardi 26 septembre 2026, à Newtown, village balnéaire ghanéen frontalier à la localité ivoirienne d’Aforénou, Diakalidia Konaté, secrétaire exécutif de la Commission nationale des frontières de Côte d’Ivoire (CNFCI), et le général de division Anthony Ntem, commissaire général de la Ghana Boundary Commission, ont procédé à une inspection technique majeure.
Selon Diakalidia Konaté, secrétaire exécutif de la Commission nationale des frontières de Côte d’Ivoire (CNFCI), cette activité marque la réception de la borne zéro, la « BP 55 », point de départ stratégique qui permet de définir l’ensemble de la frontière terrestre et maritime entre les deux pays.
Cette visite de terrain s’inscrit en prélude à la cérémonie officielle de remise des bornes construites sur une première phase de 150 kilomètres (allant de la borne BP 55 à la borne BP 48), prévue le 24 septembre 2026 à Dibi, dans le Sud-Est ivoirien.
Des bornes pour matérialiser l’autorité
Pour les deux délégations, cette opération transfrontalière ne constitue en aucun cas un frein à l’intégration régionale. Si ce tracé permet une meilleure administration des territoires, il ne saurait rompre les liens séculaires tissés entre les populations.
Le secrétaire exécutif de la CNFCI, Diakalidia Konaté, a tenu à rassurer les populations et les chefferies traditionnelles : « Près de 100 ans après l’installation des premières limites, nous venons réaffirmer ces bornes. Ce moment historique renforce notre coopération. »
« Cette borne n’est pas un limitateur de notre fraternité séculaire : entre le Ghana et la Côte d’Ivoire, c’est la même famille », a-t-il rappelé, soulignant que cette zone constitue la frontière la plus dynamique d’Afrique de l’Ouest en termes d’échanges commerciaux et de commerce transfrontalier informel.
Abondant dans le même sens, le général de division Anthony Ntem a précisé que ces repères physiques visent uniquement à rendre la frontière « plus visible » afin que chaque État sache précisément où commence son autorité.
Les populations locales, majoritairement issues de l’ethnie N’Zima, partagent la même langue ainsi que les mêmes coutumes de part et d’autre de la ligne de démarcation. Cette délimitation est par ailleurs encouragée par le Programme frontières de l’Union africaine.
Vers la deuxième phase de démarcation fin 2026
Ce processus bilatéral répond directement aux exigences du Programme Frontières de l’Union Africaine (PFUA), adopté le 7 juin 2007 à Addis-Abeba, et à la Convention de Niamey sur la coopération transfrontalière.
Depuis l’installation officielle de la Commission mixte le 23 août 2022 à Abidjan, les experts des deux pays ont abattu un travail technique colossal : adoption des bases juridiques, analyses cartographiques et construction effective des infrastructures sur les 150 premiers kilomètres.
La cérémonie attendue à Dibi, dans la partie ivoirienne, permettra de confier officiellement ces infrastructures aux acteurs étatiques et aux communautés locales, avec pour triples objectifs de consolider la paix, de prévenir les conflits fonciers et de stimuler le développement socio-économique.
Les deux pays ne comptent pas s’arrêter là : Diakalidia Konaté a annoncé que les travaux de la deuxième phase de réaffirmation de la ligne frontière entre la Côte d’Ivoire et le Ghana, débuteront avant la fin de l’année 2026.
AP/APA





