Le Nigéria a intensifié sa lutte contre la circulation des armes illicites avec la destruction de 1 419 armes à feu et la récupération de 5 449 autres lors d’opérations conduites à travers le pays, a annoncé mardi le Centre national de contrôle des armes légères et de petit calibre (NCCSALW).
Le directeur général du NCCSALW, le commissaire général de police à la retraite Johnson Kokumo, a annoncé la destruction de 1 419 armes à feu et la récupération de 5 449, à Abuja lors d’un point de presse conjoint consacré à la situation sécuritaire du pays.
Selon lui, 1 419 armes illicites ont été détruites publiquement le 30 juillet à Abuja, dans le cadre du deuxième exercice trimestriel de destruction d’armes organisé par le Centre. Cette opération porte à plus de 19 000 le nombre total d’armes illicites détruites par le NCCSALW depuis 2022.
« Cette démarche vise à empêcher que les armes récupérées ne retournent dans les circuits criminels », a expliqué M. Kokumo, soulignant les risques liés à leur utilisation par des groupes impliqués dans le terrorisme, le banditisme, les enlèvements et d’autres formes de criminalité violente.
Des milliers d’armes récupérées
Parallèlement aux destructions, le NCCSALW a enregistré d’importantes récupérations grâce à sa coopération avec les forces de sécurité et les services chargés de l’application de la loi.
En juin, la police nigériane a ainsi remis au Centre 5 050 armes automatiques illicites, hors d’usage, désaffectées ou obsolètes. À ce stock s’ajoutent 399 fusils automatiques de type JOJEF interceptés par le Service des douanes du Nigeria et remis au NCCSALW le 17 août.
D’autres armes ont également été récupérées auprès de l’Agence nationale de lutte contre la drogue (NDLEA) et de l’Agence nationale de renseignement (NIA).
Ces opérations s’inscrivent dans la stratégie des autorités visant à réduire l’accès des groupes criminels aux armes et à renforcer le contrôle de celles détenues légalement.
11 suspects arrêtés dans une affaire d’importation
Le responsable du NCCSALW a par ailleurs révélé l’arrestation de 11 suspects liés à l’importation illégale de 844 armes à feu automatiques de différents calibres et de 112 500 cartouches.
Les armes et les munitions avaient été dissimulées dans un conteneur intercepté par les douanes nigérianes au port d’Onne avant d’être remis au Centre.
Les principaux suspects restent détenus, tandis que les investigations se poursuivent afin d’identifier et de localiser d’éventuels complices en fuite.
Des procédures judiciaires ont également été engagées contre des personnes soupçonnées de fabriquer clandestinement des armes à feu et des munitions à Minna, dans l’État du Niger.
Prévenir le détournement des armes légales
Le NCCSALW entend également agir en amont pour éviter que des armes légalement détenues ne soient détournées vers les réseaux criminels.
Dans ce cadre, le Centre a organisé, du 18 mai au 19 juin, une formation consacrée à la sécurité physique et à la gestion des stocks au profit des personnels des agences de sécurité autorisées à porter des armes.
Cette initiative vise notamment à renforcer les mécanismes de stockage, de contrôle et de traçabilité des armes détenues par les services publics.
Une nouvelle enquête nationale en préparation
Le Nigéria prépare en outre une nouvelle enquête nationale sur les armes légères et de petit calibre, destinée à remplacer celle réalisée en 2016.
Pour M. Kokumo, cette nouvelle étude est devenue nécessaire afin de disposer de données correspondant aux réalités actuelles du pays et de mieux orienter les politiques publiques contre la prolifération des armes illicites.
Un atelier de référence a été organisé le 20 août avec la participation d’agences des Nations unies, du Small Arms Survey, des services de sécurité et de plusieurs institutions publiques concernées.
Les résultats de cette future enquête devraient permettre aux autorités nigérianes de disposer d’une base de données actualisée pour renforcer leur réponse à la circulation clandestine des armes.
Alerte sur les gardes forestiers
Le directeur général du NCCSALW a enfin appelé la population à distinguer l’initiative fédérale de création de gardes forestiers nationaux du Nigeria Forest Security Service, qu’il a qualifié d’organisation illégale.
Il a précisé que l’initiative gouvernementale était coordonnée par le Bureau du conseiller à la sécurité nationale, tandis que plusieurs responsables du groupe présenté comme illégal, dont son chef Joshua Osatimehin, ont été arrêtés et font l’objet de poursuites judiciaires.
Une décision de justice aurait par ailleurs ordonné la fermeture des bureaux de cette organisation à travers le pays.
Le NCCSALW entend poursuivre sa coopération avec les forces de sécurité, les institutions judiciaires et les partenaires internationaux afin de réduire durablement la circulation des armes illicites.
M. Kokumo a enfin exhorté les Nigérians à maintenir leur collaboration avec les autorités et à transmettre des informations fiables susceptibles de contribuer au démantèlement des réseaux d’approvisionnement en armes des groupes criminels.
GIK/lb/te/Sf/APA





