Le Réseau des acteurs des médias pour le développement (RMD) a officiellement lancé ses activités, ce vendredi 28 août 2026, à travers sa tribune « Le Grand café du développement ». Cet événement marque le coup d’envoi de la campagne nationale de lutte contre le paludisme.
Invité à cette tribune, Antoine Méa Tanoh, directeur-coordinateur du Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP), a animé une conférence sur le thème : « Paludisme, jeunes et développement en Côte d’Ivoire. Prévenir la maladie pour protéger le capital humain et l’avenir du pays ».
Bien que l’incidence de la maladie reste élevée à 280 %, les progrès réalisés avec le soutien des partenaires internationaux (Fonds mondial, gouvernement américain, UNICEF, OMS, AMF) sont particulièrement encourageants.
Selon Antoine Méa Tanoh, la mortalité globale liée au paludisme a chuté de plus de 60 % à travers le pays, passant de 3 222 décès en 2017 à 1 027 en 2025. Chez les enfants, le nombre de victimes est tombé de 1 068 en 2022 à 802 en 2025.
Pour accélérer cette dynamique, le gouvernement ivoirien mise sur l’innovation technologique. Sous l’impulsion du ministre de la Santé, Pierre Dimba, le PNLP a acquis des drones pour éliminer les moustiques adultes ainsi que leurs larves dans les zones d’eaux stagnantes inaccessibles à l’homme.

Ces actions s’inscrivent dans le nouveau Plan national stratégique d’élimination du paludisme 2026-2030. Ce plan adapte les interventions aux spécificités de chaque localité avec l’objectif ambitieux de réduire la mortalité à moins de 50 cas de décès par an d’ici 2030.
Le programme s’engage notamment à éradiquer totalement la maladie dans les villes de Boundiali et Dianra, dans le Nord du pays, où l’impact de l’affection a déjà fortement reculé. Le paludisme reste, toutefois, un défi majeur pour le capital humain et l’économie ivoirienne.
Outre la technologie, la stratégie nationale s’appuie sur la gratuité des soins pour le paludisme simple, ciblant en priorité les femmes enceintes et les enfants de moins de cinq ans, ainsi que sur la distribution de moustiquaires.
Le directeur-coordinateur du Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP) a souligné que la chimio-prévention saisonnière est active dans 13 Districts sanitaires en 2026, et l’introduction du vaccin antipaludique depuis juillet 2025 protège les nourrissons de 6 à 15 mois.
Il a révélé que des discussions sont en cours entre le ministère de la Santé et le ministère de la Construction pour élaborer un projet de loi qui devrait permettre d’imposer, à terme, l’installation de paravents et de grilles anti-moustiques sur les habitations.
Dans le cadre de la lutte contre le paludisme, il a mentionné qu’après des résultats initiaux positifs, les opérations de pulvérisation des zones urbaines reprennent, cette année, à Abengourou, Bongouanou, Dimbokro et Tiassalé.
De plus, un partenariat stratégique en cours de négociation devrait permettre d’associer les compagnies minières légalement constituées en Côte d’Ivoire pour généraliser la pulvérisation intra-domiciliaire dans leurs zones d’activité.
Le directeur-coordonnateur du PNLP a exprimé sa vive préoccupation face aux dérèglements climatiques, en particulier l’instabilité de la pluviométrie. Selon lui, ces bouleversements météorologiques compromettent les efforts et les progrès enregistrés dans la lutte contre le paludisme.
Le paludisme étant l’une des principales causes d’absentéisme scolaire et de baisse de performance académique chez les enfants, le RMD a lancé « l’Appel de Cocody », une alliance stratégique scellée par les médias, les autorités, le secteur éducatif, le secteur privé et la société civile.
Hervé Bogou, président du RMD, a rappelé l’urgence d’agir à l’approche de la rentrée des classes : « La scolarité des enfants doit se faire dans un environnement assaini avec des élèves en bonne santé. C’est notre devoir et notre engagement citoyen pour la réussite des élèves ».
Le PNLP soutient que la victoire contre le paludisme repose aussi sur la responsabilité communautaire : dormir chaque nuit sous une moustiquaire imprégnée, éliminer les eaux stagnantes et consulter immédiatement un centre de santé dès l’apparition de la fièvre.
AP/APA







