Deux membres d’un groupe armé ont été tués jeudi par l’armée malienne à Diongaga, dans l’ouest du pays. Les militaires ont également récupéré trois armes, deux motos et plus d’une centaine de moutons et de chèvres, selon les Forces armées maliennes.
Une unité de l’armée malienne a mené jeudi une opération contre un groupe armé à Diongaga, à une trentaine de kilomètres de Yélimané, dans la région de Kayes, selon un compte rendu publié par les Forces armées maliennes.
Le Groupement tactique d’intervention « Tata » se dirigeait vers Yélimané lorsqu’il a surpris des hommes armés opérant dans la zone. Placée sous le commandement du lieutenant-colonel Samba Gassama, l’unité a engagé une action rapide qui a provoqué le repli du groupe, précise la même source.
Deux combattants, présentés par l’armée comme des terroristes, ont été tués au cours de l’opération. Les militaires ont saisi deux pistolets-mitrailleurs, une mitrailleuse PKM, deux motos et divers équipements.
Dans leur repli, les autres membres du groupe ont abandonné plus d’une centaine de moutons et de chèvres, ajoute l’armée. L’identité et l’effectif du groupe visé restent à préciser.
Diongaga est le chef-lieu d’une commune rurale du cercle de Yélimané. Située sur l’axe reliant Kayes à Yélimané, la localité se trouve au sud de la frontière mauritanienne, dans un espace de circulation pour les populations, les marchandises et les troupeaux.
Kayes
Longtemps située à l’écart des principaux foyers de l’insurrection, la région de Kayes connaît depuis 2022 une progression des activités des groupes jihadistes. Sa position frontalière avec le Sénégal et la Mauritanie, ses sites miniers et industriels ainsi que ses routes commerciales lui confèrent une importance économique et stratégique particulière.
Cette évolution s’est accélérée le 1er juillet 2025 avec des attaques coordonnées contre plusieurs positions militaires et sécuritaires à Kayes, Diboli, Sandaré, Nioro du Sahel et Gogui. Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, affilié à Al-Qaida, avait revendiqué cette offensive. L’armée malienne avait annoncé la mort de plus de 80 assaillants et la récupération d’armes, de munitions, de véhicules et de motos.
Yélimané figure depuis parmi les secteurs où les forces gouvernementales concentrent leurs opérations. Du 14 au 21 mars 2026, une campagne menée principalement autour de Yélimané et de Ségala avait causé la mort d’environ 40 combattants et permis la libération de 12 personnes retenues en captivité, selon l’état-major.
Les militaires avaient également récupéré des armes, des munitions, des drones, des équipements de communication, trois véhicules et plus de 3 000 litres de carburant. Cette opération avait été précédée par des interventions dans les secteurs d’Ambidédi et de Diboli.
La situation sécuritaire a conduit les autorités régionales à rétablir en mai un couvre-feu nocturne à Kayes. Les escortes militaires ont parallèlement pris une place croissante dans la protection des flux commerciaux. Entre le 23 et le 29 juin, 940 camions civils ont ainsi été accompagnés sur l’axe Kayes–Sandaré–Diéma–Bamako.
Ce corridor assure l’acheminement de produits pétroliers, de denrées alimentaires et d’équipements depuis les accès maritimes du Sénégal et de la Côte d’Ivoire. Sa sécurisation représente un enjeu majeur pour l’approvisionnement de Bamako et le fonctionnement de l’économie malienne.
L’intervention de Diongaga prolonge le déploiement d’unités mobiles autour de Yélimané, cinq mois après les opérations de mars. La récupération d’une mitrailleuse, d’armes individuelles et de moyens de déplacement fournit un premier aperçu des capacités de la cellule rencontrée.
MD/Sf/APA







