Dans le cadre de la lutte acharnée contre l’exploitation minière clandestine, les forces de l’ordre ivoiriennes viennent de mener une opération d’envergure dans le Nord du pays.
Ce mardi 18 août 2026, un détachement de l’Escadron mobile de Dabakala, appuyé par une équipe du Groupement de sécurité de lutte contre l’orpaillage illégal (GS-LOI), a démantelé un important réseau d’orpaillage clandestin sur le fleuve Comoé.
L’assaut, ciblé sur le secteur Gbagba-Sirakoro-Assouadié dans la sous-préfecture de Bassawa (département de Dabakala), s’est soldé par la destruction et la mise hors d’usage de cinquante-six dragues.

Un signal fort aux réseaux de l’or clandestin
Les militaires ont également détruit une quantité impressionnante de matériel logistique, comprenant 112 concasseurs, 252 bidons, 225 tapis de rétention de minerais ainsi que 45 bassines indispensables à l’extraction artisanale illégale de l’or.
Cette offensive sur le terrain s’inscrit dans la stricte application des directives du Conseil national de sécurité (CNS). Le président ivoirien Alassane Ouattara, avait présidé le 23 juillet 2026 une réunion de cette haute instance pour examiner la situation sécuritaire du pays. Bien que les autorités multiplient les interventions, le constat reste sévère.
Le CNS a ouvertement déploré la persistance, voire l’extension de ce fléau sur l’ensemble du territoire national. L’orpaillage illégal demeure une préoccupation majeure pour l’État ivoirien en raison de ses impacts dévastateurs sur l’environnement, de ses menaces pour la sécurité nationale et des pertes massives qu’il engendre pour l’économie nationale.

Un bilan lourd depuis 2021
L’opération de Dabakala s’ajoute à une longue liste de succès comptabilisés par les forces spécialisées. Entre 2021 et le premier semestre de l’année 2026, le Groupement a affiché un bilan réglementaire sans équivoque, bien que non-exhaustif : plus de 8 500 sites d’orpaillage illégal ont été déguerpis à travers le pays.
Sur le plan judiciaire et financier, l’action des forces de sécurité a mené au déferrement de 4 474 individus, parmi lesquels 65% sont des ressortissants étrangers. Les saisies matérielles et financières sont tout aussi massives, s’élevant à plus de 960 millions de francs CFA en espèces et environ 136 kilogrammes d’or pur, sans compter la confiscation systématique et la destruction de nombreux engins lourds.
Face à la résilience des réseaux clandestins, la gendarmerie nationale réaffirme par cette nouvelle opération sa détermination à assécher les sources de financement de cette économie souterraine et à protéger les ressources naturelles de la Côte d’Ivoire.
AP/Sf/APA







