Malgré un contexte marqué par les crises humanitaires, les aléas climatiques et les défis sécuritaires, le partenariat entre le Tchad et les Nations Unies a permis des avancées dans plusieurs secteurs, avec notamment la création de 85 600 emplois, la prise en charge de milliers d’enfants et la mobilisation de ressources importantes, selon le rapport annuel du Cadre de coopération 2024-2026.
Publié par le système des Nations Unies au Tchad, le rapport annuel du, Cadre de coopération 2024-2026.85 montre que l’action menée avec les autorités tchadiennes et les partenaires ne s’est pas limitée à la réponse aux urgences. Elle a également porté sur la santé, l’éducation, la sécurité alimentaire, l’emploi, la gouvernance et la résilience des populations.
Dans le domaine de la santé, l’un des résultats les plus marquants concerne la vaccination infantile. En 2024, 89 % des districts sanitaires ont atteint une couverture de plus de 80 % pour le vaccin Penta 3, contribuant à renforcer la protection des enfants contre plusieurs maladies évitables.
L’emploi comme réponse à la vulnérabilité
Sur le front économique, les interventions soutenues par les Nations Unies ont permis la création de 85 600 emplois, dont 45 600 pour des femmes, dans l’agriculture durable, la gestion des ressources naturelles et l’accompagnement des petites et moyennes entreprises.
Ce résultat apparaît comme l’un des leviers importants de la stratégie visant à réduire la vulnérabilité économique des populations, particulièrement dans les zones rurales.
Dans le secteur agricole, 100 500 producteurs ont bénéficié d’un accès à des intrants appropriés, tandis que 40 % des producteurs et éleveurs dans les zones ciblées ont adopté des techniques de production améliorées.
L’objectif affiché est de renforcer progressivement la capacité des communautés à produire davantage et à mieux résister aux chocs qui affectent les systèmes alimentaires.
Une réponse aux crises qui dépasse l’urgence humanitaire
Le rapport intervient dans un contexte où le Tchad reste fortement exposé aux conséquences de la crise soudanaise, aux déplacements de populations et aux aléas climatiques.
L’ONU souligne ainsi la nécessité de ne pas opposer réponse humanitaire et développement. Son cadre de coopération repose précisément sur quatre priorités : l’accès aux services sociaux de base, la résilience des systèmes alimentaires, la gouvernance et la cohésion sociale, ainsi qu’une croissance économique inclusive et diversifiée.
Cette approche vise à permettre aux populations touchées par les crises de bénéficier non seulement d’une assistance immédiate, mais aussi de moyens leur permettant de reconstruire durablement leurs conditions de vie.
382 millions de dollars mobilisés
La dimension financière donne également la mesure de l’effort consenti. En 2024, 382 millions de dollars ont été investis sur les 400 millions de dollars initialement planifiés, selon le rapport.
Pour les Nations Unies, ces résultats sont le fruit d’un partenariat associant le gouvernement tchadien, les agences onusiennes, les organisations de la société civile, le secteur privé et les partenaires techniques et financiers.
Mais l’organisation reconnaît que les acquis restent fragiles. La réduction des financements internationaux et l’augmentation des besoins humanitaires constituent notamment des risques pour la continuité des interventions.
Le Coordonnateur résident des Nations Unies au Tchad, François Batalingaya, avait ainsi averti que le gel de certains financements et la réduction des contributions de plusieurs partenaires internationaux menaçaient directement la capacité de réponse du système humanitaire et de développement.
Au-delà des chiffres, le bilan fait apparaître un enjeu central pour le Tchad : transformer les réponses apportées aux crises successives en investissements durables dans la santé, l’emploi, l’agriculture, la cohésion sociale et la résilience des communautés.
TE/Sf/APA







