Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a appelé lundi les gouvernements occidentaux à renoncer aux restrictions généralisées sur les voyages et le commerce visant les pays africains touchés par Ebola, estimant que ces mesures sont dépourvues de fondement scientifique et risquent de compliquer les efforts de riposte.
S’exprimant à l’ouverture du 46e sommet de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), à Durban, le président sud-africain Cyril Ramaphosa a exhorté les Etats à éviter toute mesure indiscriminée contre les pays affectés par l’épidémie.
« De telles restrictions ne sont étayées par aucune donnée de santé publique », a-t-il déclaré, soulignant qu’elles « nuisent aux économies, perturbent les moyens de subsistance et peuvent encourager les déplacements à travers des frontières non surveillées », rendant ainsi le contrôle de l’épidémie plus difficile.
La République démocratique du Congo (RDC), confrontée depuis avril à une épidémie meurtrière de la souche Bundibugyo d’Ebola, est membre de la SADC. Les Etats-Unis et plusieurs autres pays occidentaux ont récemment imposé des restrictions aux voyageurs en provenance de la RDC, de l’Ouganda et du Soudan du Sud, ou à destination de ces pays.
Selon les données communiquées lors du sommet, l’épidémie a déjà fait plus de 2 300 morts et près de 5 000 cas confirmés en RDC.
Le président sud-africain a salué le courage des personnels de santé et des communautés congolaises, tout en estimant que la propagation du virus reste plus rapide que les efforts de riposte.
Il a également appelé au respect des infrastructures sanitaires et des opérations humanitaires, ainsi qu’à un cessez-le-feu dans les zones affectées par les conflits afin de faciliter l’accès des équipes d’intervention.
M. Ramaphosa a par ailleurs demandé que les promesses de financement se traduisent rapidement par des ressources concrètes sur le terrain.
« Protéger l’Afrique des épidémies nécessite plus qu’une simple réaction face aux foyers épidémiques », a-t-il souligné, plaidant pour des investissements durables dans la prévention, la surveillance épidémiologique et le renforcement des systèmes de santé.
Il a également insisté sur la nécessité de développer la recherche et la production africaines de vaccins, de diagnostics et de médicaments afin de renforcer l’autonomie du continent face aux futures crises sanitaires.
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