L’Autorité indépendante de Lutte contre la Corruption (AILC) a publié un communiqué accusant l’Agence nationale de Sécurité de l’État (ANSE) d’avoir violemment interrompu une mission de contrôle qu’elle menait à la Société des Hydrocarbures du Tchad (SHT).
Selon l’AILC, ses contrôleurs enquêtaient depuis juillet sur la gestion financière de la SHT, notamment sur les factures de vente de pétrole brut à Glencore, documents que la direction de la société aurait longtemps refusé de communiquer avant de finalement les remettre.
C’est à ce moment-là que le Directeur général de l’ANSE serait intervenu avec des agents en cagoules et armés pour arrêter l’ensemble de l’équipe de l’AILC présente sur les lieux. Les responsables auraient été menottés, violentés puis conduits dans les locaux de l’ANSE, où ils ont été retenus plusieurs heures, leurs téléphones et ordinateurs confisqués, selon le communiqué de l’AILC. Un autre groupe aurait simultanément tenté de forcer l’accès au siège de l’AILC avec pour objectif l’interpellation de son patron.
L’Autorité rappelle que ses agents bénéficient d’une immunité légale dans l’exercice de leurs fonctions, et dénonce une atteinte grave à son indépendance. Elle annonce poursuivre sa mission de contrôle à la SHT et indique en référer directement au Président de la République, Mahamat Idriss Déby Itno pour que des suites pénales, administratives et disciplinaires soient tirées à l’encontre du Directeur général de l’ANSE et des agents impliqués.
Le communiqué, signé par la Chargée de Communication de l’AILC, Fatimé Hachim, réaffirme la détermination de l’AILC à poursuivre sa mission de transparence et de lutte contre la corruption
CA/Sf/APA







