Des discussions sont en cours entre la Libye et l’Égypte autour d’un projet commun de raffinage reposant sur la construction d’un oléoduc reliant Tobrouk, dans l’est libyen, à Alexandrie, sur la côte méditerranéenne égyptienne, selon des informations rapportées par Asharq Bloomberg citant une source informée.
Le projet prévoit le transport de pétrole brut libyen vers les raffineries d’Alexandrie, où il serait transformé principalement en produits destinés au marché égyptien. Les deux parties examinent actuellement les mécanismes de financement, les modalités de mise en œuvre ainsi que la capacité finale de l’infrastructure. Celle-ci dépendrait notamment des volumes que la Libye pourrait consacrer à l’exportation et des capacités disponibles dans les raffineries égyptiennes.
Le coût initial du projet dépasserait un milliard de dollars, soit environ 860 millions d’euros. Pour l’Égypte, cette infrastructure permettrait de diversifier les sources d’approvisionnement de ses raffineries et de renforcer la disponibilité de produits pétroliers sur le marché intérieur. La Libye pourrait, de son côté, valoriser une partie supplémentaire de sa production tout en sécurisant certains approvisionnements en carburants raffinés.
Les discussions s’inscrivent dans le prolongement des échanges entre le Premier ministre égyptien Mostafa Madbouly et le chef du Gouvernement d’union nationale libyen, Abdul Hamid Dbeibah. Les deux responsables avaient évoqué un renforcement de la coopération énergétique dans plusieurs domaines, notamment le gaz naturel, le raffinage des produits pétroliers et l’interconnexion électrique.
Selon les informations disponibles, Le Caire cherche parallèlement à importer au moins un million de barils de pétrole libyen par mois. Cette orientation vise notamment à compenser la suspension d’une partie des approvisionnements en brut koweïtien, affectés par les perturbations du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz liées aux tensions militaires régionales.
S’il aboutit, le projet créerait un nouveau corridor énergétique direct entre les deux pays et renforcerait leur interdépendance dans le secteur pétrolier. Sa réalisation reste toutefois conditionnée à la conclusion des négociations sur le financement, les volumes garantis et la capacité définitive de l’oléoduc.
MK/AK/APA







