Le 3 août 2023, une semaine après le coup d’État ayant renversé le président Mohamed Bazoum au Niger, les nouvelles autorités militaires annoncent la dénonciation de plusieurs accords de coopération militaire et de défense conclus avec la France, marquant une rupture stratégique majeure dans les relations entre Niamey et Paris.
Réunis au sein du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP), les militaires qui ont pris le pouvoir au pouvoir au Niger rendent publique leur décision de dénonciation des accords de défense avec la France, par un communiqué lu à la télévision nationale. Ils justifient cette mesure par la volonté de restaurer la souveraineté nationale et de redéfinir les partenariats sécuritaires du Niger.
Les accords concernés encadrent notamment la présence de forces françaises sur le territoire nigérien et la coopération entre les deux pays dans la lutte contre les groupes jihadistes actifs au Sahel. À cette période, environ 1 500 militaires français sont déployés au Niger, devenu l’un des principaux partenaires de la France dans la région après le retrait de ses troupes du Mali.
L’annonce intervient dans un contexte de fortes tensions diplomatiques. Le 26 juillet 2023, des éléments de la garde présidentielle avaient renversé le président Mohamed Bazoum, avant que le général Abdourahamane Tiani ne prenne la tête du CNSP. La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) avait alors condamné le coup d’État, imposé des sanctions économiques et financières au Niger et menacé d’une intervention militaire pour rétablir l’ordre constitutionnel.
La dénonciation des accords militaires avec la France constitue l’un des premiers actes majeurs de politique étrangère de la junte nigérienne. Elle ouvre une phase de profonde recomposition des alliances régionales, le Niger se rapprochant progressivement du Mali et du Burkina Faso, également dirigés par des régimes militaires. Ce rapprochement conduira à la création, le 16 septembre 2023, de l’Alliance des États du Sahel (AES), transformée en Confédération des États du Sahel le 6 juillet 2024.
Le 3 août 2023 demeure ainsi une date marquante de l’histoire récente de l’Afrique de l’Ouest, symbolisant la remise en cause des partenariats militaires traditionnels avec la France et l’émergence d’un nouvel équilibre géopolitique dans l’espace sahélien.
Sf/APA







