La Côte d’Ivoire franchit une étape décisive dans la gestion de ses ressources extractives. Abidjan et Gaborone ont officialisé, ce 30 juillet, la signature d’un premier accord de coopération bilatérale historique dans les secteurs des mines et de l’énergie.
Paraphé par le ministre ivoirien des Mines, du Pétrole et de l’Énergie, Mamadou Sangafowa-Coulibaly, et son homologue botswanaise, Bogolo Joy Kenewendo, le protocole d’accord couvrant les secteurs des mines et de l’énergie scelle un rapprochement stratégique initié il y a six mois.
Cette alliance avait trouvé son impulsion politique en mai dernier à Nairobi, lors de la rencontre entre les présidents Alassane Ouattara et Duma Gideon Boko en marge du sommet France-Afrique. L’objectif est clair : s’approprier les clés de réussite du fleuron de la gouvernance minière sur le continent africain.
Après avoir attiré les multinationales et multiplié les découvertes d’or majeures, la Côte d’Ivoire ne cherche pas seulement un partenaire commercial à travers le Botswana. Elle ambitionne de s’approprier une méthode de gouvernance éprouvée.

Le Botswana fait figure de référence mondiale en la matière : en un demi-siècle, ce pays a su bâtir une industrie du diamant totalement intégrée, de l’exploration à la commercialisation, évitant ainsi le piège de la dépendance brute et des déséquilibres économiques.
Pour la Côte d’Ivoire, dont le sous-sol figure parmi les plus dynamiques d’Afrique de l’Ouest, grâce aux gisements de classe mondiale de Koné, Tanda-Iguela ou Doropo, le défi change de nature. L’enjeu n’est plus uniquement la découverte de gisements, mais la captation de la valeur ajoutée.
Le protocole d’accord ratifié à Gaborone, entre ces deux pays africains, embrasse l’ensemble de la chaîne de valeur : recherche géologique, exploration, filière diamant, ressources aurifères, gouvernance et formation.
Le ministre Mamadou Sangafowa-Coulibaly a réaffirmé à cette occasion la nouvelle doctrine minière ivoirienne : « La véritable réussite d’un secteur extractif ne se mesure pas uniquement au volume des découvertes, mais à sa capacité à générer une dynamique économique endogène. »

Cette coopération technique, déjà amorcée par les missions d’experts botswanais sur les sites diamantifères de la Société de développement des mines de Côte d’Ivoire (SODEMI), ambitionne de transférer des technologies et des pratiques de gouvernance rigoureuses.
Elle vise également à renforcer les compétences des institutions ivoiriennes, et de structurer une industrie locale axée sur les minéraux critiques de la transition énergétique, tout en stimulant les opportunités d’investissements croisés pour le secteur privé des deux nations.
Cet accord confirme le virage stratégique de la diplomatie économique ivoirienne, résolument tournée vers le co-développement africain. Après des partenariats énergétiques noués avec l’Algérie et un plaidoyer fort pour le traitement local des ressources lors du récent Forum sur les minéraux critiques d’Abidjan, la Côte d’Ivoire positionne la coopération Sud-Sud comme un accélérateur de compétitivité.
En capitalisant sur les réussites du continent en matière de ressources extractives, Abidjan pose les jalons d’une souveraineté économique renforcée, capable de transformer son potentiel géologique en levier de développement social concret.
AP/Sf/APA







