Face aux défis climatiques et structurels majeurs qui menacent la sécurité hydrique en Afrique de l’Ouest, une réponse collective s’organise. Le ministre ivoirien des Eaux et forêts, Jacques Assahoré Konan, a procédé ce lundi 27 juillet 2026, à Abidjan, au lancement officiel de la première édition du Forum régional de l’Eau de l’Afrique de l’Ouest (FREAO).
Initié conjointement par la Cédéao, à travers son Centre de gestion des ressources en eau (CGRE), l’UEMOA, le CILSS et la République de Côte d’Ivoire, ce forum d’envergure se tiendra dans la capitale économique ivoirienne les 24 et 25 septembre 2026.
Placée sous le thème révélateur « Valorisons l’eau pour transformer l’Afrique de l’Ouest », cette rencontre ambitionne de devenir l’événement biennal de référence sur la gouvernance hydrique. Le FREAO réunira tous les deux ans l’ensemble des forces vives du secteur : décideurs politiques, chercheurs, société civile, secteur privé, partenaires techniques et bailleurs de fonds.
Les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES), notamment le Mali, le Niger et le Burkina Faso, en tant que membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), sont également pleinement intégrés à cette dynamique communautaire.

L’Afrique de l’Ouest abrite à elle seule 28 bassins hydrographiques partagés, couvrant près de 71 % de sa superficie totale, un niveau d’interdépendance hydrique rare dans le monde. Tous les États ouest-africains, à l’exception du Cabo Verde, partagent au moins un cours d’eau avec un voisin.
Des cours d’eau stratégiques majeurs traversent le territoire, à l’instar du fleuve Niger (plus de 4 000 km partagés par 9 pays), du fleuve Sénégal (4 pays), de la Volta (6 pays), ou encore du lac Tchad (8 pays). À l’exception notable du Cabo Verde, chaque État ouest-africain partage au moins une frontière liquide avec un voisin.
Cependant, cette richesse naturelle contraste avec un déficit structurel criant en infrastructures pour l’eau potable, l’assainissement et l’irrigation agricole. Une situation qui s’aggrave sous la pression du changement climatique, comme l’a rappelé Gustave Diasso, représentant résident de l’UEMOA en Côte d’Ivoire.
Pour Alexis Kouakou, directeur du CGRE de la Cédéao, le FREAO répond au besoin impérieux de transcender les frontières géographiques pour unifier les actions régionales. Ce forum offre une plateforme de haut niveau pour promouvoir l’hydro-diplomatie et sécuriser les investissements.
Le directeur du Centre de gestion des ressources en eau de la Cedeao a fait savoir que le FREAO est « né du besoin de fédérer les énergies, de transcender les frontières hydrographiques et d’unifier les actions pour anticiper et gérer durablement nos ressources en eau ».

Le ministre Jacques Assahoré Konan a quant à lui réaffirmé la volonté des États de parler d’une seule voix : « Nous voulons co-gérer nos bassins versants communs de manière équitable, solidaire et transparente, et faire de la coopération autour de l’eau un instrument de paix, de sécurité et de prospérité partagée ».
Il s’agit de faire de l’eau un facteur de stabilité, de renforcer la sécurité hydrique, la coopération régionale et d’attirer les investissements nécessaires à la transformation structurelle de nos économies des Etats de l’Afrique de l’Ouest, a-t-il ajouté.
Pour sa session inaugurale de septembre, le forum concentrera ses travaux autour de quatre priorités thématiques majeures : le nexus eau-alimentation-énergie-environnement, le financement des infrastructures hydrauliques via des mécanismes innovants, l’inclusion sociale du genre et de la jeunesse, ainsi que la coopération régionale et l’hydro-diplomatie.
Les organisateurs rappellent que les inscriptions à cet événement historique sont d’ores et déjà ouvertes en ligne pour tous les acteurs du secteur de l’eau et de l’assainissement sur le portail officiel de l’événement : www.westafricawaterforum.org.
AP/Sf/APA







