La présidente de la Commission ougandaise des droits de l’homme (UHRC), Mariam Wangadya, est convoquée devant le Comité des commissions, des autorités statutaires et des entreprises d’État (COSASE) du Parlement le 24 juillet, après avoir manqué une séance consacrée à l’examen du rapport de l’Auditeur général. Les parlementaires soupçonnent de graves dysfonctionnements dans la gouvernance de l’institution.
Lors d’une réunion tenue le 22 juillet sous la présidence du député Muwada Nkunyingi, des responsables de l’UHRC ont reconnu qu’aucune réunion formelle de la commission n’avait été organisée depuis mars 2026, alors que la loi impose des réunions régulières pour assurer la supervision des activités de l’institution.
Le secrétaire et comptable par intérim, Kamadi Byonabye, a indiqué avoir informé Mariam Wangadya de la convocation parlementaire. Selon lui, cette dernière a estimé que le rapport de l’Auditeur général portait uniquement sur des questions techniques.
Le président du COSASE a averti que si Mme Wangadya ne répondait pas à la convocation, le Parlement pourrait recourir à une citation à comparaître, voire à un mandat, afin de l’y contraindre.
« Nous lui donnons, ainsi qu’à la commission, une seconde chance ; les questions à traiter sont extrêmement préoccupantes », a déclaré M. Nkunyingi.
Le commissaire Simeo Nsubuga a confirmé que la dernière réunion des commissaires remontait à mars 2026, reconnaissant qu’aucune nouvelle session n’avait été convoquée depuis, malgré l’obligation d’organiser une réunion mensuelle.
Ces révélations ont suscité de vives inquiétudes parmi les députés. Martin Muzaale s’est interrogé sur la capacité de l’UHRC à remplir son mandat constitutionnel sans que son organe de gouvernance ne se réunisse. Pour le député Gerald Nangoli, plusieurs mois sans réunions témoignent d’une institution devenue dysfonctionnelle.
Les auditions ont également mis en lumière la paralysie du tribunal de la Commission des droits de l’homme. La commissaire Shifrah Lukwago a expliqué que les audiences ne peuvent être présidées que par la présidente de l’institution, ce qui bloque le traitement des dossiers en son absence.
La directrice des plaintes, des enquêtes et des services juridiques, Pauline Nansamba, a par ailleurs révélé que le tribunal de l’UHRC n’avait plus siégé depuis décembre 2025, faute de ressources budgétaires suffisantes pour organiser les audiences.
Cette crise intervient alors que Mariam Wangadya a présenté sa démission au président Yoweri Museveni le 6 juillet 2026. Toutefois, selon le procureur général, cette démission ne produira ses effets qu’après son acceptation officielle par l’autorité de nomination. Jusqu’à cette décision, elle demeure légalement présidente de la Commission ougandaise des droits de l’homme.
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