Les partis engagés dans les élections législatives algériennes s’apprêtent à contester les résultats provisoires devant la Cour constitutionnelle, dernière étape d’un processus électoral marqué par une faible participation et une recomposition limitée du paysage parlementaire.
Après la clôture du scrutin législatif du 2 juillet, la procédure entre désormais dans sa phase contentieuse. Dans l’attente de la proclamation des résultats provisoires par l’Autorité nationale indépendante des élections (Anie), les partis politiques préparent des recours devant la Cour constitutionnelle, seule habilitée à statuer définitivement sur les contestations électorales.
Conformément à la législation en vigueur, les recours peuvent être déposés dans les dix jours suivant la publication des résultats provisoires. La Cour constitutionnelle examinera d’abord leur recevabilité avant d’engager, le cas échéant, une procédure contradictoire. Elle pourra confirmer les résultats, les rectifier en proclamant un autre candidat élu ou, dans certains cas, annuler l’élection dans une circonscription. Ses décisions sont définitives et ne peuvent faire l’objet d’aucun appel.
Cette séquence judiciaire intervient dans un contexte particulier. Les résultats provisoires communiqués par les formations politiques dessinent une Assemblée populaire nationale (APN) dominée par les partis de la majorité présidentielle, tandis que le scrutin a été marqué par une participation provisoire de 20,79 %, un niveau historiquement faible qui traduit la persistance d’une forte abstention. Si les recours pourraient modifier marginalement la répartition des sièges, ils ne devraient pas remettre en cause les grands équilibres politiques issus des urnes.
Selon les résultats provisoires, le Front de libération nationale (FLN) demeure la première force parlementaire avec 84 sièges, contre 94 lors de la précédente législature. Malgré ce recul, le parti conserve une position dominante qui pourrait lui permettre de retrouver la présidence de l’Assemblée nationale, perdue en 2019, ainsi que le contrôle de plusieurs commissions permanentes.
Le Rassemblement national démocratique (RND) enregistre, de son côté, une progression notable avec environ 70 sièges, devant le Front El-Moustakbal, qui s’impose désormais comme la troisième force de l’hémicycle. À l’inverse, le Mouvement de la société pour la paix (MSP) et le Mouvement El Bina voient leur représentation diminuer, tandis que le groupe parlementaire El-Ahrar, fort de 84 députés en 2021, disparaît complètement de la nouvelle configuration politique.
Les autres formations demeurent faiblement représentées. Sawt Echaab et le Front des forces socialistes (FFS), crédités respectivement de 13 et 12 sièges, ne franchissent pas le seuil de 15 députés nécessaire à la constitution d’un groupe parlementaire. Le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) et le Front pour la justice et le développement (FJD) obtiennent chacun quatre sièges, tandis que le Parti des travailleurs (PT) en décroche trois.
Au-delà des recours, cette nouvelle législature devrait donc s’inscrire dans une continuité politique, avec une majorité largement acquise aux partis soutenant le président Abdelmadjid Tebboune. Le principal défi pour les nouvelles institutions ne réside toutefois pas uniquement dans leur composition, mais dans leur capacité à renforcer leur légitimité auprès d’un électorat dont la mobilisation demeure particulièrement faible.
MK/Sf/APA







