Le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies a adopté par consensus une résolution sur la situation à El-Obeid, dans le centre du Soudan, appelant à une protection accrue des civils et à une enquête internationale sur les violations présumées dans cette ville stratégique du Kordofan du Nord.
Le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies a adopté par consensus une résolution sur la situation humanitaire et des droits de l’homme à El-Obeid, appelant à renforcer la protection des civils et à ouvrir une enquête internationale sur les violations présumées dans cette ville stratégique du Kordofan du Nord.
Réuni à Genève, le Conseil a demandé la cessation immédiate des hostilités, la protection des populations civiles et la garantie de leur droit à rejoindre, de manière sûre et volontaire, des zones sécurisées. Il a également invité le Haut-Commissaire aux droits de l’homme à présenter un exposé sur la situation et chargé la Mission internationale indépendante d’établissement des faits des Nations Unies de mener une enquête urgente sur les violations signalées à El-Obeid.
Les conclusions de cette enquête devront être présentées lors des prochaines sessions du Conseil des droits de l’homme et de l’Assemblée générale des Nations Unies.
L’adoption de cette résolution intervient alors que des informations relayées par des médias locaux et des témoignages font état de restrictions persistantes à la liberté de mouvement des civils dans la ville. Selon ces sources, plusieurs habitants seraient empêchés de quitter El-Obeid par des points de contrôle tenus par l’armée soudanaise et ses forces alliées, sans qu’une explication officielle n’ait été fournie par les autorités de Khartoum.
Quelques jours auparavant, l’Alliance fondatrice du Soudan (Taasis) et les Forces de soutien rapide (FSR) avaient annoncé, dans des communiqués distincts, l’ouverture de couloirs sécurisés destinés à permettre aux civils de quitter les zones d’opérations militaires. Les deux parties avaient également exprimé leur soutien aux initiatives internationales visant à protéger les populations civiles et à parvenir à un cessez-le-feu.
Dans le même temps, la situation autour d’El-Obeid fait l’objet d’une attention accrue, sur fond d’informations faisant état de mouvements militaires de l’armée soudanaise et des forces qui lui sont alliées dans le Kordofan du Nord. Des observateurs soulignent que le conflit comporte également une dimension informationnelle importante, chaque camp cherchant à faire valoir son analyse de la situation auprès des opinions publiques nationale et internationale.
Lors des travaux du Conseil des droits de l’homme, le représentant du Soudan a exprimé les réserves de son pays sur plusieurs dispositions de la résolution, notamment celle confiant à la Mission internationale indépendante d’établissement des faits le mandat d’enquêter sur les violations signalées à El-Obeid.
Il a indiqué que son gouvernement n’autoriserait pas l’accès de la Mission au territoire soudanais. Cette position s’inscrit dans la continuité de celle adoptée depuis la création de ce mécanisme d’enquête, auquel Khartoum n’a pas permis de mener des missions de terrain au Soudan.
Faute d’accès direct au pays, la Mission fonde ses investigations sur des entretiens réalisés à distance, des images satellitaires ainsi que sur des témoignages et des documents recueillis en dehors du territoire soudanais.
À Genève, plusieurs diplomates estiment que l’adoption de cette résolution par consensus traduit l’attention croissante de la communauté internationale face à l’évolution de la situation dans le Kordofan du Nord. Elle témoigne également de la volonté du Conseil des droits de l’homme de renforcer le suivi des violations présumées et les mécanismes d’établissement des faits.
Le conflit soudanais, qui oppose depuis avril 2023 l’armée dirigée par le général Abdel Fattah al-Burhan aux Forces de soutien rapide, a entraîné une importante crise humanitaire, selon les Nations Unies. La résolution rappelle la nécessité de respecter le droit international humanitaire, de faciliter l’accès de l’aide humanitaire aux populations concernées et d’assurer la protection des civils.
AC/Sf/APA







