Le Nigéria entend réclamer des compensations financières à l’Afrique du Sud pour les biens et investissements perdus par ses ressortissants contraints de quitter le pays à la suite des récentes violences xénophobes visant des étrangers.
Le haut-commissaire par intérim du Nigéria en Afrique du Sud, Alexander Ajayi, a indiqué que les autorités nigérianes procédaient actuellement au recensement des biens abandonnés par les citoyens rapatriés. Cette opération porte notamment sur les commerces, les logements, les véhicules, les équipements professionnels et d’autres actifs laissés sur place lors de leur départ précipité.
Selon le diplomate, ces données serviront de base aux discussions que le Nigéria entend engager avec les autorités sud-africaines en vue d’obtenir une indemnisation pour les victimes.
Abuja estime que plusieurs de ses ressortissants ont subi d’importants préjudices économiques en raison des violences, des pillages et des destructions ayant accompagné les attaques xénophobes. Les autorités nigérianes soulignent que certains rapatriés avaient investi pendant plusieurs années en Afrique du Sud avant d’être contraints d’abandonner leurs entreprises et leurs moyens de subsistance.
Le gouvernement nigérian conteste par ailleurs les affirmations selon lesquelles l’ensemble des personnes concernées se trouvaient en situation irrégulière. Selon Abuja, de nombreux ressortissants disposaient de titres de séjour valides ou étaient engagés dans les procédures de renouvellement de leurs documents au moment des incidents.
Cette démarche intervient alors que plusieurs centaines de Nigérians ont déjà été rapatriés dans le cadre d’un programme de retour volontaire organisé par les autorités. D’autres ressortissants ont également exprimé leur souhait de regagner le Nigéria, invoquant un climat d’insécurité persistant et la crainte de nouvelles attaques.
Les violences xénophobes en Afrique du Sud, qui ciblent régulièrement des ressortissants d’autres pays africains, continuent d’alimenter les tensions diplomatiques avec plusieurs États du continent. Le Nigéria, dont la communauté expatriée est l’une des plus importantes en Afrique du Sud, exhorte régulièrement Prétoria à renforcer la protection des étrangers, à traduire les auteurs de ces violences en justice et à prévenir la répétition de tels incidents.
TE/Sf/APA







