Le Nigeria et le Ghana ont renforcé leur coopération dans le secteur pétrolier et gazier, à travers une initiative de partage d’expériences visant à promouvoir le développement du contenu local. Dans ce cadre, la Ghana National Petroleum Corporation (GNPC) a entrepris une étude comparative du modèle nigérian de contenu local et de ses mécanismes de mise en œuvre.
Une délégation de la GNPC, conduite par son directeur des affaires corporatives, Eric Pwadura, s’est rendue au siège du Conseil nigérian de développement et de suivi du contenu local (NCDMB), à Yenagoa, dans l’État de Bayelsa, pour une mission d’échange de connaissances d’une semaine. Cette visite vise à renforcer les capacités locales et à accroître la participation des acteurs nationaux dans l’industrie pétrolière et gazière.
Recevant la délégation ghanéenne, le secrétaire exécutif du NCDMB, le Dr Felix Omatsola Ogbe, a souligné que les pays africains producteurs d’hydrocarbures devaient accorder une priorité au développement du contenu local afin de réduire leur dépendance aux technologies et à l’expertise étrangères dans les domaines de l’exploration, du développement des gisements et de la production.
Selon lui, l’Afrique dispose d’importantes ressources énergétiques, avec plus de 120 milliards de barils de réserves prouvées de pétrole brut et près de 800 milliards de pieds cubes standard de gaz naturel. Ces ressources offrent aux pays producteurs une opportunité de maximiser les retombées économiques grâce au renforcement des capacités nationales.
Représenté par le directeur des services corporatifs, le Dr Abdulmalik Halilu, le responsable du NCDMB a également présenté le pétrole comme un levier majeur de transformation économique. Il a mis en avant le potentiel de la jeunesse africaine pour constituer une main-d’œuvre qualifiée capable de soutenir le développement du secteur énergétique.
« Le contenu local ne signifie pas un abaissement des normes. Il n’existe pas de normes africaines ou étrangères distinctes, mais une seule norme mondiale », a déclaré le Dr Ogbe, insistant sur la nécessité de concilier participation locale et exigence de qualité.
Il a rappelé que le dispositif nigérian de contenu local, initialement lancé comme une politique de la Nigerian National Petroleum Company Limited (NNPCL), s’est progressivement institutionnalisé pour devenir un outil central de création de valeur dans l’industrie pétrolière et gazière.
Le NCDMB a présenté à la délégation sa feuille de route stratégique décennale, articulée autour du développement des capacités techniques, du renforcement de la conformité réglementaire, de l’amélioration du climat des affaires, de la croissance institutionnelle et de l’expansion des marchés régionaux.
Parmi les instruments phares figure le Fonds d’intervention pour le contenu local nigérian (NCI Fund), géré en partenariat avec des institutions financières de développement telles que la Banque de l’industrie (BOI) et la Banque nigériane d’import-export (NEXIM). Ce mécanisme apporte un soutien financier aux entreprises locales opérant dans le secteur pétrolier et gazier.
Selon le Conseil, ce fonds a permis à de nombreuses entreprises nationales d’acquérir des actifs stratégiques, de renforcer leurs capacités opérationnelles et d’améliorer leur compétitivité.
Le Dr Zuwairat Asekome, directeur adjoint de la stratégie et des projets de transformation du NCDMB, a indiqué que l’application de la loi nigériane de 2010 sur le contenu local dans l’industrie pétrolière et gazière avait porté la participation locale à environ 61 %, traduisant une progression significative de la valeur ajoutée nationale.
Pour sa part, Eric Pwadura a salué les résultats obtenus par le Nigeria et exprimé l’intérêt du Ghana pour les structures, les politiques et les mécanismes institutionnels ayant favorisé ces avancées.
« Bien que nous disposions d’un cadre législatif sur le contenu local, nous n’avons pas encore bénéficié d’un environnement aussi robuste que celui mis en place au Nigeria », a-t-il déclaré.
Cette initiative illustre la volonté croissante des pays africains producteurs d’hydrocarbures de renforcer leur coopération afin de mieux valoriser leurs ressources naturelles, développer leurs industries locales et créer davantage d’emplois grâce à une participation accrue des entreprises et des compétences nationales.
Le NCDMB a réaffirmé sa disponibilité à partager son expertise avec d’autres pays africains, rappelant ses partenariats déjà établis avec des institutions énergétiques au Ghana, au Sénégal, au Mozambique, en Angola et en Namibie.
Cette visite devrait contribuer au renforcement de la coopération régionale et soutenir les efforts du continent en faveur d’une meilleure maîtrise de ses chaînes de valeur énergétiques.
GIK/fss/te/APA







