Une correspondance datée du 15 juin annonce la cessation des activités de la représentation locale d’Air France au Mali à compter du 30 juin 2026. Cette décision formalise le retrait commercial d’un acteur historique du transport aérien dans le pays, après plusieurs années marquées par des suspensions et des reports concernant la desserte Paris-Bamako.
Un courrier de la compagnie Air France, adressé à la Direction générale de la société ATS, son partenaire local, est signé par Awa Traoré Diakité, directrice pays d’Air France au Mali. Le document informe de la fermeture de la représentation locale et exprime la reconnaissance de la compagnie envers ses partenaires pour la qualité des relations entretenues au fil des années.
Air France précise que les demandes d’assistance devront désormais être traitées via son guichet en ligne dédié aux agences de voyages, le Help Desk AGV. Cette orientation confirme le basculement vers une gestion à distance des relations commerciales, après une longue présence physique à Bamako.
Cette fermeture intervient dans un contexte de réduction progressive de la présence opérationnelle d’Air France sur le marché malien. Avant la suspension de ses vols, le 7 août 2023, la compagnie assurait sept liaisons hebdomadaires vers Bamako, contre cinq vers Ouagadougou et quatre vers Niamey. Ces dessertes avaient été interrompues à la suite de la fermeture de l’espace aérien nigérien et de la dégradation de la situation géopolitique au Sahel.
La desserte de Bamako avait déjà connu plusieurs ajustements avant cette rupture. En février 2022, lors d’une précédente reprise des opérations, Air France exploitait un vol quotidien entre Paris-Charles-de-Gaulle et Bamako à bord d’un Boeing 777-200ER, offrant une capacité comprise entre 280 et 312 sièges selon les configurations. Cela représentait alors entre 1 960 et 2 184 sièges par semaine dans le sens Paris-Bamako, soit plus de 4 000 sièges aller-retour.
En octobre 2023, la compagnie avait envisagé une reprise partielle avec trois vols directs par semaine entre Paris-Charles-de-Gaulle et Bamako, opérés par un Boeing 777-200ER affrété auprès d’EuroAtlantic Airways. Les autorités maliennes avaient toutefois maintenu la suspension durant l’examen du dossier, reprochant à Air France d’avoir interrompu ses vols de manière unilatérale.
À l’échelle du groupe, Air France-KLM a réalisé un chiffre d’affaires de 33 milliards d’euros en 2025, pour un résultat opérationnel supérieur à 2 milliards d’euros. La zone Afrique (hors Afrique du Nord et Moyen-Orient) a généré 3,49 milliards d’euros de revenus, ce qui montre que la fermeture de la représentation de Bamako intervient dans un marché africain qui conserve un poids commercial significatif pour le transporteur.
Pour les agences de voyages, les partenaires commerciaux et les voyageurs habitués à la liaison Paris-Bamako, cette fermeture marque une nouvelle étape. Elle acte la disparition d’un ancrage local qui accompagnait depuis des décennies la présence d’Air France au Mali, dans un secteur aérien désormais remodelé par les tensions diplomatiques, les contraintes sécuritaires et la montée en puissance d’autres transporteurs sur les routes internationales desservant le pays.
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