Le journaliste tunisien Mourad Zeghidi, détenu depuis plus de deux ans, a entamé une grève de la faim pour dénoncer ce qu’il qualifie d’acharnement judiciaire, et protester contre son maintien en détention, selon des informations relayées par son entourage.
Le journaliste tunisien Mourad Zeghidi, emprisonné depuis deux ans et vingt-cinq jours, a entamé une grève de la faim il y a quatre jours afin de protester contre ce qu’il présente comme un acharnement judiciaire à son encontre et contre sa privation prolongée de liberté, selon des déclarations rapportées par ses proches.
Figure connue du paysage médiatique tunisien, Mourad Zeghidi purge actuellement une peine de trois ans et demi de prison après avoir été condamné dans une affaire liée à des accusations de blanchiment d’argent et d’évasion fiscale. Le journaliste conteste les poursuites engagées contre lui et affirme être visé en raison de son activité professionnelle et de ses prises de position publiques.
Selon son entourage, cette grève de la faim vise à attirer l’attention sur sa situation judiciaire ainsi que sur les conditions de détention des journalistes et des professionnels des médias poursuivis en Tunisie. Aucune information officielle n’a été communiquée à ce stade sur son état de santé.
L’affaire intervient dans un contexte marqué par des inquiétudes croissantes exprimées par plusieurs organisations de défense des droits humains concernant la liberté de la presse dans le pays. Ces derniers mois, plusieurs journalistes, chroniqueurs et responsables de médias ont fait l’objet de poursuites judiciaires ou de condamnations, alimentant les critiques de la société civile et des organisations internationales.
Les autorités tunisiennes rejettent régulièrement les accusations de répression visant les médias. Le président Kais Saied affirme que les libertés publiques demeurent garanties et soutient que les procédures engagées relèvent exclusivement de l’application de la loi et du fonctionnement normal de la justice.
La situation de Mourad Zeghidi intervient alors que le débat sur la liberté d’expression et l’indépendance des médias reste particulièrement sensible en Tunisie, quinze ans après la révolution de 2011 qui avait favorisé une ouverture sans précédent du paysage médiatique.
Aucune réaction officielle des autorités judiciaires tunisiennes n’avait été enregistrée dans l’immédiat concernant la grève de la faim du journaliste ou une éventuelle évolution de son dossier.
MK/AK/Sf/APA






