L’Algérie met en avant la Route transsaharienne et plusieurs projets d’infrastructures comme symboles de son engagement africain. Malgré des avancées réelles, plusieurs chantiers stratégiques restent inachevés ou confrontés à des défis sécuritaires et financiers persistants.
Réunis à Alger à l’occasion de la 77e session du Comité de liaison de la Route transsaharienne, les responsables algériens ont de nouveau présenté ce projet comme l’un des piliers de leur stratégie africaine. Selon les autorités, l’axe principal reliant Alger à Lagos sur près de 4 500 kilomètres est réalisé à 90%, tandis que plusieurs tronçons complémentaires progressent au Niger et au Tchad.
Le gouvernement algérien considère cette infrastructure comme une illustration concrète de son ambition continentale. Le ministre des Travaux publics, Abdelkader Djellaoui, a souligné que l’Algérie jouait «un rôle de premier plan» dans ce projet lancé plusieurs décennies auparavant. Alger met également en avant sa contribution d’un milliard de dollars annoncée lors du sommet de l’Union africaine de 2023 pour financer différents projets de développement.
Cette stratégie s’appuie notamment sur la construction de centrales électriques au Niger et au Tchad, sur le développement de la route Tindouf-Zouerate vers la Mauritanie ainsi que sur plusieurs initiatives dans les secteurs de l’énergie et des télécommunications. Les autorités algériennes présentent ces investissements comme la preuve d’une volonté de renforcer l’intégration économique africaine.
Toutefois, plusieurs projets régulièrement mis en avant par Alger demeurent à des stades différents de réalisation. Le gazoduc transsaharien (TSGP), destiné à relier le Nigéria à l’Europe via le Niger et l’Algérie, n’a toujours pas dépassé le stade des études et des accords politiques malgré des décennies d’annonces. La situation sécuritaire dans certaines zones sahéliennes continue par ailleurs de compliquer la concrétisation de plusieurs infrastructures régionales.
Les bouleversements politiques intervenus au Sahel ces dernières années ont également ralenti plusieurs mécanismes de coopération régionale. Les changements de régime au Niger, au Burkina Faso et au Mali ont modifié les équilibres diplomatiques dans une région que l’Algérie considère comme prioritaire pour sa sécurité et son influence.
Malgré ces difficultés, les représentants du Tchad, du Niger et du Nigéria présents à Alger ont salué l’implication algérienne dans les projets de connectivité régionale. Reste que la réussite de ces ambitions dépendra moins des annonces que de la capacité à achever les infrastructures promises et à sécuriser durablement les corridors économiques traversant le Sahel.
MK/AK/Sf/APA






