Confronté à un déficit de production dépassant 1 000 mégawatts, le gouvernement libyen a ordonné une coordination renforcée entre les secteurs pétrolier et électrique afin de sécuriser l’alimentation des centrales durant la période estivale à forte consommation.
Le Premier ministre du Gouvernement d’unité nationale (GUN) libyen, Abdul Hamid Dbeibah, a ordonné samedi la tenue d’une réunion urgente entre la National Oil Corporation (NOC) et la General Electricity Company of Libya (GECOL), après la réception d’un rapport de l’opérateur électrique sur les besoins en carburant des centrales du pays. L’information a été annoncée par la plateforme gouvernementale «Hakomitna».
Selon les autorités, cette réunion vise à renforcer la coordination opérationnelle entre les deux entreprises publiques afin d’assurer un approvisionnement régulier en combustibles destinés aux centrales électriques. L’objectif affiché est de préserver la stabilité du réseau national et de limiter les perturbations durant l’été, période traditionnellement marquée par une hausse de la demande énergétique.
Cette décision intervient alors que GECOL a alerté les autorités sur un déficit de production supérieur à 1 000 mégawatts. L’entreprise attribue cette situation à des pénuries persistantes de carburants ayant affecté le fonctionnement de plusieurs installations stratégiques. La réduction des approvisionnements a notamment entraîné une baisse de la capacité de production dans plusieurs centrales du pays, fragilisant l’équilibre du réseau électrique.
Les difficultés concernent notamment la centrale d’urgence d’Al-Khoms, la centrale à gaz d’Al-Khoms et la centrale de Zahra. GECOL signale également une diminution de la production dans les centrales situées dans les montagnes de l’Ouest, à Tobrouk, dans le nord de Benghazi, dans le sud de Tripoli ainsi qu’à Misrata. Dans plusieurs courriers adressés au Premier ministre, au procureur général et à l’Autorité de contrôle administratif, l’entreprise a détaillé les conséquences de ces ruptures d’approvisionnement.
L’opérateur public qualifie la situation actuelle d’«inédite» et prévient que les délestages pourraient s’intensifier durant les mois les plus chauds de l’année. GECOL n’exclut pas des coupures partielles ou totales dans certaines régions si les livraisons de carburant continuent d’accuser des retards.
Tout en affirmant avoir multiplié les démarches auprès des institutions concernées, l’entreprise estime avoir épuisé l’ensemble des mécanismes disponibles pour sécuriser les volumes nécessaires au fonctionnement du réseau. Elle appelle à une intervention rapide des autorités afin d’éviter une aggravation de la crise et prévient que les conséquences pourraient être techniques, économiques et sociales si la situation n’est pas rapidement résolue.
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