La Tunisie occupe la 137e place sur 180 pays et territoires dans l’édition 2026 du Classement mondial de la liberté de la presse publié par Reporters sans frontières.
Reporters sans frontières (RSF) a dénoncé l’incarcération du journaliste tunisien indépendant Zied El-Heni et appelé à sa libération immédiate, estimant que les poursuites engagées contre lui illustrent une utilisation abusive de la législation pour réprimer les voix critiques.
Selon l’organisation de défense de la liberté de la presse, Zied El-Heni a été placé en détention dans le cadre d’une procédure pour «atteinte à autrui via les réseaux publics de communication», après la publication sur Facebook de propos dans lesquels il prenait la défense d’un confrère qu’il jugeait injustement condamné.
RSF précise que le journaliste a été interpellé le 24 avril, placé en garde à vue puis incarcéré le 26 avril en vertu de l’article 86 du Code tunisien des télécommunications. Il a comparu devant le tribunal de première instance de Tunis le 30 avril, tandis que la décision judiciaire était attendue le 7 mai.
«Zied El-Heni est en prison pour avoir simplement défendu un confrère injustement condamné, et ainsi la liberté de la presse», a déclaré Oussama Bouagila, directeur du bureau Afrique du Nord de RSF. Selon lui, le recours à l’article 86 contre un journaliste constitue une mesure «disproportionnée» révélatrice d’une détérioration de l’environnement médiatique.
L’affaire trouve son origine dans une publication du journaliste critiquant des magistrats impliqués dans la condamnation du journaliste de Mosaïque FM Khalifa Guesmi. Ce dernier ainsi qu’un policier avaient été poursuivis en vertu de la législation antiterroriste après la publication d’un article portant sur le démantèlement d’une cellule terroriste.
RSF rappelle que Khalifa Guesmi avait d’abord été condamné à un an de prison, avant que sa peine ne soit portée à cinq ans en appel. La Cour de cassation avait ensuite annulé cette condamnation, aboutissant finalement à un non-lieu après une procédure de près de deux ans, durant laquelle le journaliste avait passé six mois en détention.
L’organisation estime que l’utilisation de l’article 86 du Code des télécommunications, adopté sous le régime de l’ancien président Zine El-Abidine Ben Ali et prévoyant jusqu’à deux ans d’emprisonnement, s’inscrit dans la continuité d’un arsenal juridique utilisé contre les journalistes. RSF cite également le décret-loi 54 relatif à la cybercriminalité, régulièrement critiqué par les organisations de défense des droits humains.
Selon RSF, Zied El-Heni a entamé une grève de la faim le 27 avril pour protester contre les poursuites engagées à son encontre et réclamer l’application exclusive des textes régissant la liberté de la presse et de la communication audiovisuelle.
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