Malgré l’annonce de 280 nouveaux projets d’investissement et les efforts des autorités pour redonner de la visibilité à un secteur longtemps marginalisé, le tourisme algérien continue de souffrir d’un retard structurel important par rapport aux principales destinations méditerranéennes et africaines.
Le directeur général de l’Agence algérienne de promotion de l’investissement (AAPI), Omar Rekkache, a indiqué à Mostaganem que 280 projets ont été enregistrés dans le secteur du tourisme depuis l’entrée en vigueur de la nouvelle loi sur l’investissement. Ces projets avaient cumulé à plus de 257 milliards de dinars, orientés principalement vers le tourisme balnéaire, saharien et thermal, avec à la clé plus de 17 000 emplois directs annoncés.
Cette dynamique intervient toutefois dans un contexte où l’Algérie reste en retrait sur le marché touristique régional, malgré ses atouts géographiques et culturels. Le pays souffre encore d’un déficit d’infrastructures hôtelières, d’une connectivité aérienne internationale limitée et d’une image peu compétitive auprès des grands opérateurs du secteur. À cela s’ajoutent des procédures administratives longtemps jugées lourdes et peu prévisibles, qui ont freiné l’arrivée d’investissements, notamment étrangers.
Les autorités affirment aujourd’hui vouloir inverser la tendance à travers une série de réformes présentées comme structurantes pour le climat des affaires. La loi 22-18 sur l’investissement prévoit notamment des avantages fiscaux, une numérisation partielle des démarches administratives et un accès simplifié au foncier. L’AAPI assure également travailler avec les collectivités locales afin d’accélérer la concrétisation des projets, tandis qu’une plateforme numérique dédiée aux investisseurs est annoncée dans plusieurs wilayas, dont Alger, Annaba, Jijel et Mostaganem.
Cette stratégie de relance s’inscrit aussi dans la volonté de diversifier une économie encore largement dépendante des hydrocarbures. Le tourisme est progressivement perçu comme un levier potentiel de création de richesses et d’emplois, en particulier dans les régions côtières et sahariennes.
Cependant, les ambitions affichées se heurtent encore à des défis de mise en œuvre dans un environnement régional où plusieurs pays voisins disposent déjà d’écosystèmes touristiques plus matures et mieux structurés.
Le véritable enjeu pour l’Algérie ne se limite donc plus à l’annonce de projets ou de dispositifs législatifs, mais à leur concrétisation effective en infrastructures opérationnelles et en flux touristiques durables. Plusieurs programmes annoncés ces dernières années ont connu des retards, alimentant un certain scepticisme chez une partie des investisseurs. Malgré un discours officiel mettant en avant un regain de confiance, le secteur reste encore éloigné des standards internationaux nécessaires pour repositionner durablement la destination Algérie dans les circuits touristiques mondiaux.
MK/te/Sf/APA







