Le Secrétaire exécutif de la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA), Claver Gatete, a exhorté lundi les pays africains à élaborer une réponse commune, équitable et fondée sur des données concrètes face au mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (CBAM) mis en place par l’Union européenne.
Prenant la parole à l’ouverture de la réunion du Groupe de travail africain de haut niveau sur l’architecture financière mondiale, organisée à Brazzaville, Claver Gatete de la CEA a souligné que le CBAM de l’Union européenne dépasse la seule dimension climatique pour devenir un enjeu majeur de commerce, d’industrialisation et de développement pour le continent.
Selon lui, une application insuffisamment adaptée de ce mécanisme pourrait accentuer les tensions commerciales, renforcer la fragmentation de l’économie mondiale et creuser davantage les inégalités, sans garantir des retombées climatiques significatives.
Le Secrétaire exécutif de la CEA a également relevé que l’Afrique évolue désormais dans un contexte marqué par une croissance plus faible et une incertitude économique grandissante. Il a rappelé le durcissement des conditions de financement, la hausse du coût du capital ainsi que la diminution des financements concessionnels.
Le responsable onusien a insisté sur le fait que les secteurs visés par le CBAM -notamment le ciment, le fer et l’acier, l’aluminium, les engrais, l’électricité et l’hydrogène- occupent une place stratégique dans les ambitions africaines d’industrialisation, de développement des infrastructures, de transition énergétique et d’intégration régionale.
Au-delà de la tarification du carbone, il a mis en avant les difficultés auxquelles devront faire face les exportateurs africains, notamment en matière de mesure et de vérification des émissions, d’accès aux technologies propres, de mise en conformité réglementaire et de mobilisation des financements nécessaires à l’adaptation.
« Sans accompagnement adéquat ni période transitoire suffisante, le CBAM risque davantage de devenir une nouvelle barrière commerciale qu’un véritable levier pour une transition bas carbone », a-t-il averti.
La rencontre de Brazzaville s’inscrit dans la continuité des échanges tenus le mois dernier à Washington, à l’occasion des Assemblées de printemps du FMI et de la Banque mondiale, où les dirigeants africains avaient plaidé pour des réponses urgentes et des réformes durables de l’architecture financière internationale.
Durant cette réunion, des experts de la CEA, parmi lesquels Hanan Morsy et Melaku Desta, doivent présenter une étude analytique consacrée aux impacts du CBAM européen sur les économies africaines.
En conclusion, Claver Gatete a invité les participants à engager des discussions franches, pragmatiques et constructives afin d’identifier des solutions capables de préserver les économies africaines, de soutenir l’industrialisation du continent et de favoriser une transition énergétique équitable.
ARD/te/Sf/APA







