Le Maroc a lancé une nouvelle plateforme destinée à centraliser les procédures d’importation et d’exportation, dans le cadre d’une stratégie visant à accélérer les flux logistiques et à renforcer la compétitivité commerciale du Royaume.
Les autorités marocaines ont officialisé lundi à Casablanca le lancement de la plateforme «PortNet Commerce Extérieur», un portail numérique présenté comme un guichet unique destiné à regrouper les opérations liées au commerce extérieur du pays. L’initiative a été dévoilée au siège de l’Agence nationale des ports (ANP), en présence de plusieurs responsables gouvernementaux et opérateurs institutionnels.
Le dispositif s’inscrit dans la stratégie marocaine de digitalisation des chaînes logistiques et administratives. Les autorités considèrent désormais que la compétitivité internationale dépend autant de la fluidité des procédures et de l’échange des données que des capacités industrielles ou exportatrices. Le secrétaire d’État chargé du Commerce extérieur, Omar Hejira, a affirmé que «la transformation numérique du commerce extérieur n’est plus un choix, mais une condition essentielle pour renforcer la compétitivité internationale».
Le portail vise à réduire la fragmentation des procédures administratives entre importateurs, exportateurs, transitaires, banques, administrations et autorités portuaires. Selon les responsables du projet, les opérateurs économiques disposeront désormais d’un accès unique alors que les démarches étaient jusqu’ici réparties entre plusieurs circuits distincts.
Les autorités marocaines mettent également en avant le poids des flux commerciaux concernés. D’après Omar Hejira, le commerce extérieur du Royaume représente «1,3 milliard de dirhams», dont «470 milliards de dirhams d’exportations». Les ports marocains traitent chaque année entre 12 et 13 millions de conteneurs, tandis que Tanger Med accueille près de 553.000 camions par an.
Les autorités tablent sur une réduction des délais administratifs et logistiques comprise entre 20% et 50% pour certaines opérations d’importation et d’exportation. Le ministre marocain du Transport et de la Logistique, Abdessamad Kayouh, estime que la digitalisation complète des procédures permettra notamment de réduire les temps d’attente dans les ports et d’améliorer la circulation des marchandises, des camions et des conteneurs.
Le projet repose sur l’intégration progressive des systèmes administratifs. Selon les responsables marocains, plus de 70 réunions bilatérales et 120 réunions techniques ont été organisées depuis la signature de la convention en mai 2025 afin de préparer le lancement du dispositif. La plateforme intègre déjà plus de 22 nouvelles procédures et plusieurs organismes publics supplémentaires.
Une phase pilote doit se poursuivre jusqu’à la mi-juin avant un déploiement élargi. Les autorités marocaines indiquent vouloir tester l’ensemble des fonctionnalités avec les opérateurs économiques afin d’identifier les éventuels dysfonctionnements avant la généralisation du système.
MK/AK/Sf/APA







